Coopération

Dans le cadre des travaux méthodologiques de l’équipe, il nous a semblé pertinent de nous rapprocher de deux démarches similaires engagées par des partenaires étrangers.

COML-OBIS/GBIF

La première a consisté à tenter de comprendre comment le COML (Census Of Marine Life) organisait son dispositif au niveau mondial, en lien avec OBIS et le GBIF. Une réunion a ainsi été organisée avec Kristen Yarincik, Program Manager du Census of Marine Life International Secretariat Consortium for Ocean Leadership lors du second Congrès mondial des aires marines protégées en mai 2009 à Washington.

De cette réunion il est apparu que nous avions, avec ces démarches, une vision partagée de la nécessité d’organiser les dispositifs, les données, les acteurs et les méthodes de manière pyramidale et emboîtée afin de permettre l’affichage d’une mécanique cohérente et efficace sur l’ensemble de l’acquisition de connaissance et de la mise à disposition de cette connaissance.

OBIS (Ocean Biogeographic Information System), jusqu’à présent utilisé de manière préférentielle par les grands programmes de bancarisation de données biologiques sur l’océan est un programme à durée limité porté par le COML. OBIS est en actuellement en cours d’intégration par le GBIF dont OBIS sera le volet mer.

Un des objectifs d’OBIS est clairement d’organiser les producteurs, non pas par pays, mais par zones biogéographiques marines, tel que cela a été fait au sein du volet mer du SINP.

Compte tenu de la proximité de nos objectifs et de nos visions, nous avons convenu de maintenir un échange d’information sans qu’une modalité précise de collaboration soit pour le moment définie, conscient que nous étions pour le moment trop en amont de la structuration mondiale.

Le modèle anglo-saxon

Début févier 2010, l’équipe Manche Mer Du Nord du SINP Mer (Laurent Guérin et Amélia Curd) est allée au BODC (British Oceanographic Data Centre) afin d’avoir des échanges bilatéraux sur la structuration et la gestion des données sur la biodiversité marine en France et au Royaume-Uni.

L’idée de cet échange était de voir comment, de part et d’autre, tirer bénéfice des acquis réciproques, et éventuellement rapprocher nos démarches dans un objectif de système d’information à l’échelle communautaire.

Le Royaume-Uni a fait le choix de structurer ses connaissances via deux systèmes d’information interopérables et complémentaires :

  • Le MEDIN ( Marine Environmental Data and Information Network - http://www.oceannet.org/)  est un partenariat d’organismes publiques et privés, dédié à améliorer l’accès à la donnée marine. Le MEDIN supervise le développement de standards et d’outils qui assureront que la donnée produite par ses activités de surveillance puisse être rapidement mobilisée, aux côtés de la métadonnée, afin de permettre une analyse transversale et plus détaillée, en fonction des questions pertinentes possibles. Le MEDIN établi un réseau de centres d’archive de données (DACs) accréditées, repartis selon les thèmes illustrés ci-dessous, en prônant un stockage à long terme et sécurisé de la donnée marine. Les contributeurs de données ont un accès libre (contractualisé par des conventions spécifiques respectant des clauses types) à leurs données gérées via ce réseau de DAC. Le MEDIN produit également des « data guidelines », qui définissent la donnée et l’information qui doit être stockée avec un jeu de données afin que celui-ci soit facilement utilisable à l’avenir. Etant donné que cette information est très spécifique selon le type de données, ces conseils ont été développés par thème (invertébrés benthiques, hydrographie, etc…)

 

  

  • Le UKDMOS (United Kingdom Directory of Marine Observing Systems - http://www.ukdmos.org/). Tous les établissements publics contribuent à la production de cette base de métadonnées interrogeable du monitoring marin (mesures pérennes uniquement : les suivis ponctuels ne sont pas inclus) mené par les organismes du Royaume-Uni. Leur stratégie exige que ce catalogue de métadonnées, ainsi que les manuels de monitoring marins complémentaires, soient adoptés par l’ensemble de la communauté et mis à jour régulièrement afin de faciliter le travail en commun et de rentabiliser l’usage de plateformes opératoires partagées tel que les navires océanographiques. Les programmes de monitoring peuvent être requêtés spatialement via SIG et/ou par organismes, groupes de paramètres, fréquences, date de mise en place, etc…

Une base de données des protocoles et des standards sur le monitoring marin ( Marine Monitoring Protocols Database - http://www.wrcplc.co.uk/marineprotocols/default.aspx) sous-tend l’UKDMOS, en cataloguant de l’information sur plus de 250 programmes de monitoring traversant toutes les disciplines scientifiques. Spécifiquement, cette base de protocoles et standards identifie les paramètres mesurés par chaque programme de monitoring, balise les protocoles utilisés pour générer un point de donnée rapportable pour chaque paramètre, et synthétise de l’information sur les standards de qualité de données pertinentes.

L’entretien du contenu de la base de données UKDMOS sera complété par le MEDIN. À long terme, un système de gestion de contenu, qui est en développement dans le projet pan-européen SeaDataNet (http://www.seadatanet.org)  sera mis en œuvre afin que les organismes puissent mettre à jour directement leurs données. Il est d’ores et déjà envisagé que la métadonnée dans le UKDMOS soit disponible via le portail MEDIN à l’avenir. Ainsi, une seule requête interrogera la donnée renseignée pour les programmes de recherche et les suivis ponctuels.

La stratégie qui chapeaute ces deux systèmes d’information s’intitule UKMMAS ( United Kingdom Marine Monitoring and Assessment Strategy http://www.defra.gov.uk/environment/marine/science/ukmmas/index.htm).

Le but global du UKMMAS est de former la capacité du Royaume-Uni, dans les eaux nationales et internationales, à :

« apporter et répondre, dans un cadre de changements climatiques globaux, les éléments requis pour un développement durable dans un écosystème marin propre, sain, sûr, productif et biologiquement diversifié, et ce dans l’espace d’une génération afin de faire une réelle différence.»

Le UKMMAS s’attelle à rapporter pour plus de 40 obligations internationales et nationales dont OSPAR, la Directive Cadre pour la Stratégie pour le Milieu Marin et d’autres directives environnementales marines, ainsi que les conventions sur la biodiversité. L’UKDMOS est un outil clé pour l‘ UKMMAS. Une analyse préliminaire des programmes de monitoring ayant le potentiel d’apporter de la donnée et de l’information aux 11 descripteurs de la DCSMM a été complétée afin d’apporter aux gestionnaires une meilleure connaissance du potentiel de réponse aux besoins de cette directive.

Suite à cette rencontre, il est prévu que les groupes de travail thématiques, chapeautés par le SINP mer et le MEDIN, continuent d’échanger afin de faire circuler leurs documents de protocoles de terrain et de standards de données, pour des rapportages respectifs au travers des réseaux nationaux d’experts. Ceci devrait contribuer à apporter une réponse concertée et plus homogène aux engagements européens et internationaux.

A signaler que plusieurs autres démarches ont été approchées et sont en cours d’échanges techniques (NOAA, Services Polynésiens, SPREP, CAR-SPA, CAR-SPAW, …)