Données halieutiques

Une nouvelle source objective de données halieutiques

Les données d’activité de pêche issues des capteurs (effort de pêche notamment) alimentent le Système d’Informations Halieutiques (SIH) de l’Ifremer, réseau d’observation des usages et ressources halieutiques. A ce titre, elles sont stockées dans la base de données Harmonie pour être utilisées par les halieutes (recherche et expertises).

Les données halieutiques enregistrées par le dispositif Recopesca résultent de mesures directes réalisées par des capteurs. Elles sont donc complémentaires des données classiquement disponibles dans le SIH telles que les déclarations statistiques (renseignées par les professionnels : journaux de bord ou fiches de pêche) ou les estimations par enquêtes ou observations.

Les données des capteurs (profils et séries de profondeur et de température/salinité) ne sont pas utilisables directement et doivent donc être traitées pour reconstituer le déroulement des marées et des opérations de pêche. Pour cela, deux algorithmes génériques ont été développés :

  • le premier reconstitue les marées d’un navire donné à partir des positions GPS enregistrées par le concentrateur (généralement à une fréquence de 15 minutes). En particulier, les débuts et fins de marées sont identifiés (ports et dates) en analysant la vitesse du navire et la distance au port le plus proche. La route du navire est tracée et l’algorithme identifie les périodes en pêche et en route, sur la base de la vitesse du navire (vitesse moyenne calculée entre deux positions).
  • Le second traite les données des capteurs implantés sur les engins de pêche, en particulier les profils de profondeur et la durée d’immersion des engins. Sur cette base, il reconstitue le déroulement de chacune des opérations de pêche en détectant les étapes clés de l’opération (cf. figure 1) : mise à l’eau de l’engin, arrivée au fond, début de la remontée, fin de l’opération (sortie de l’eau de l’engin).

Figure 1 : Exemple de profil de profondeur obtenu par un capteur placé sur un chalut. Le graphique du haut représente les données brutes de profondeur du capteur. Le graphique du bas représente l’interprétation qui en est faite par l’algorithme et la reconstitution des opérations de pêche. Trois opérations sont identifiées ici, ainsi que leurs étapes clés : mise à l’eau de l’engin (pointillés rouges), arrivée au fond (pointillés jaunes), début de la remontée (pointillés bleu ciel), fin de l’opération (pointillés violets).

Les données obtenues par le dispositif Recopesca

Recopesca fournit une mesure objective de l’activité et de l’effort de pêche, en particulier pour les navires de moins de 15 mètres (non soumis à la VMS), fraction de la flotte généralement moins bien connue, mais pas seulement. En particulier, il permet de disposer :

  • d’une vue détaillée et exhaustive de l’ensemble des marées réalisées par le navire équipé ;
  • de la cartographie précise de la trajectoire du navire (cf. figure 2) et des lieux de pêche ;
  • pour chaque marée, de la liste et la description des opérations de pêche : durée, localisation, profondeur, conditions environnementales physiques telles que température et salinité moyennes (exemple : cf. tableau 1).

Caractéristiques générales des opérations

Paramètres moyens au fond

#

Début de l’opération de pêche

Fin de l’opération de pêche

Durée

(hh:mm)

Distance

(milles)

Durée

(hh:mm)

Vitesse (nœuds)

Profondeur

(m)

Temp.

(°C)

Salinité

(PSU)

Date

Position

Date

Position

1

26/04 09:28

48.18°N, 6.92°W

26/04 15:28

48.34°N, 6.97°W

06:00

13.45

05:33

2.2

152

11

35.7

2

26/04 15:32

48.34°N, 6.97°W

26/04 21:22

48.32°N, 7.28°W

05:50

14.03

05:21

2.4

154

10.9

35.6

3

27/04 03:27

48.16°N, 7.43°W

27/04 09:29

48.07°N, 7.54°W

06:01

13.63

05:30

2.3

162

11

35.7

Tableau 1: Exemple de paramètres obtenus par opération de pêche à partir d’un capteur STPS (pression –température – salinité) implanté sur un chalut.

  • Et d’une estimation de l’effort de pêche par secteur fréquenté (exemple : cf. figure 3)

Les données individuelles d’un navire, confidentielles, ne seront diffusées qu’au patron/armateur du navire et uniquement utilisables en interne Ifremer.