Données environnement physique

De nouvelles données pour alimenter les systèmes d’informations océanographiques

Les données physiques sont mesurées par les capteurs (SP2T, STPS …) implantés sur les engins de pêche. Actuellement, deux paramètres peuvent être mesurés : température et salinité. Un capteur de turbidité adapté au dispositif Recopesca est en cours de développement.

A chaque mise à l’eau de l’engin de pêche, un profil verticale de température et salinité de l’eau de mer est mesuré entre la surface et le fond. Lors de la descente de l’engin, le capteur est configuré pour enregistrer les informations à une cadence très rapide (un enregistrement par seconde, par exemple) et ainsi constituer le profil, puis à une cadence plus lente (1 enregistrement toutes les 10 minutes par exemple) durant son séjour au fond ou dans l’eau. Cette cadence plus lente permet de constituer des séries de température et de salinité.

A réception des mesures, un traitement informatique reconstitue les profils et les séries et les spatialisent grâce aux données du GPS également transmises par le concentrateur. Ces séries et profils alimentent ensuite le centre de données Coriolis qui valide les données, en assure la sauvegarde et les diffuse aux utilisateurs¹.

Coriolis fournit les données nécessaires à la recherche océanographique, les outils d’océanographie opérationnelle et les modèles hydrodynamiques. Actuellement, de l’ordre de 350.000 stations (profiles) sont réalisées par an. Avec un panel de 300 à 400 navires, Recopesca pourrait fournir jusqu’à 200.000 stations supplémentaires.

En 2009, près de 8000 profils verticaux (température et/ou salinité), séries temporelles ou trajectoires ont été enregistrés dans l’océan Atlantique par quelques 15 navires de pêche, puis chargés dans Coriolis. Cela représente 1 million de mesures de profondeur – température et 2 millions de mesures de profondeur – température – salinité.

Figure 1 : Localisation des profils Recopesca Mer du Nord – Manche – Atlantique stockés dans la base Coriolis (affichage sous Google Earth, image du contenu de la base à février 2010)

Une description de toute la colonne d’eau, depuis la surface jusqu’au fond

Les observations Recopesca sont pour l’instant limitées à certains secteurs, mais sont amenées à s’étendre grâce à l’augmentation du panel de navires volontaires. Par ailleurs, elles concernent des zones sur lesquelles les données sont généralement peu nombreuses, voir totalement inexistantes.

Elles permettent un suivi saisonnier ou annuel (selon l’activité de pêche des navires) des paramètres hydrologiques de base et fournissent une description complète de la colonne d’eau, depuis la surface jusqu’au fond. La fréquence très élevée des observations (journalières ou au moins hebdomadaires), sur un secteur donné, permet une surveillance continue des paramètres non accessibles par les observations satellites, à savoir la température et la surface de la couche d’eau. En particulier, Recopesca fournit les toutes premières données de température sur le fond particulièrement importantes pour l’analyse des écosystèmes benthiques et de la distribution des espèces démersales et benthiques.

Quelques exemples d’utilisation des données physiques Recopesca

Le bulletin Prévimer propose une description synthétique de l’état physique et biologique de l’océan, en exploitant entre autres les données physiques collectées par les navires instrumentés Recopesca. Les exemples ci-dessous sont tirés des bulletins Prévimer.

Variabilité interannuelle de la température

La figure ci-dessous illustre les différences observées entre l’été 2008 et l’été 2009 sur le plateau, au sud de la Bretagne.

Figure 2 : Comparaison de l’évolution de la température sur la Grande Vasière pendant les étés 2008 et 2009

Bien que chaque année la colonne d’eau se stratifie, l’épaisseur de la couche de surface a augmenté alors que la température des eaux de fond a diminué. Ces eaux sont plus froides cette année, elles varient entre 10,65°C et 11°C alors que l’année passée elles étaient comprises entre 11,3°C et 11,7°C. Ce refroidissement global des eaux de fond s’accompagne, à l’inverse, d’un approfondissement de la couche chaude de surface. Alors que l’isotherme 15°C oscillait autour de 20 m en 2008, elle se situe autour de 30 m de profondeur cette année.

La variabilité interannuelle de la température du fond avait déjà été suspectée précédemment et décrites au travers de quelques campagnes océanographiques. Les données Recopesca permettent cependant une description plus robuste car la température est enregistrée tout au long de l’année et pas seulement lors de campagnes ponctuelles.

Coupe verticale des températures et salinités

Recopesca permet également de représenter des coupes verticales des paramètres hydrologiques.

Figure 3 : Carte des profils de température et salinité récoltés par le réseau RECOPESCA au sud de la pointe bretonne en janvier et février 2009. Dans le rectangle rouge, les profils retenus pour établir les coupes verticales.

Ces coupes verticales des températures et salinités mettent en évidence la présence d’eaux influencées par les fleuves près des côtes et en surface. Les eaux côtières sont plus froides (8°C) en surface qu’au fond (10,5°C) en janvier et février. Elles sont également moins salées en surface (salinité de 34) qu’au fond (35,5). La zone d’influence des panaches s’étend jusqu’à une trentaine de km vers le large. Au-delà, les eaux sont homogènes tant en température qu’en salinité ce qui est tout à fait habituel pour cette période de l’année.

D’autres illustrations : chaque trimestre dans le bulletin Prévimer !

1Seules les données physiques sont transmises à Coriolis, les informations sur l’activité de pêche sont stockées dans la base de données Harmonie du SIH.