Description du projet

Quels sont les paramètres mesurés par le dispositif Recopesca ?

Ce sont de véritables « mini-campagnes océanographiques » que les professionnels de la pêche sont invités à effectuer à chaque sortie en mer dans le cadre de Recopesca.

L’instrumentation et les équipements déployés à bord permettent de :

  • Mesurer les paramètres environnementaux au fond et dans la colonne d’eau : un capteur spécifique, installé sur les engins de pêche, permet de mesurer la pression (donc la profondeur), la température et éventuellement la salinité (profils et séries). Une autre version de ce capteur, intégrant la mesure de la turbidité, est actuellement en développement.
  • Quantifier l’effort de pêche : en plus de l’enregistrement des paramètres physiques, la mesure du temps d’immersion de la sonde implantée sur un engin constitue un bon indicateur du temps de temps, que l’engin soit traînant ou dormant.

Un autre capteur, le compte-tour, est destiné à équiper les appareils de virage des navires pratiquant les arts dormants. Actuellement en développement, il enregistrera les tours et permettra d’en déduire a posteriori la longueur d’engin levée à chaque opération de pêche.

  • Spatialiser les données environnementales collectées, enregistrer la route du navire et sa vitesse : un GPS est installé à bord pour positionner les données physiques mesurées par les capteurs et spatialiser l’activité du navire.
  • Transmettre les données à terre : les différents capteurs enregistrent les données puis les communiquent par ondes radios à une centrale d’acquisition également installée à bord et appelée « concentrateur ». Ce boîtier compact (qui héberge le GPS) transmet ensuite les données à terre, au centre de données Recopesca basé à Ifremer Brest, pour stockage en base. La transmission automatique se fait par GPRS, dès lors que le navire se trouve à portée du réseau téléphonique, sans aucune intervention.
  • Quantifier les captures : dans certains cas et lorsque l’équipage est volontaire, une balance peut également être installée à bord. Elle permet de quantifier les captures par espèce et par opération de pêche.

Le système de base de Recopesca est totalement autonome et ne nécessite aucune intervention de l’équipage pour fonctionner. Les données sont transmises à terre de manière automatique (communication GPRS) au centre de données Recopesca basé à Ifremer Brest.

Où sont stockées les données ? Pour quelle utilisation ?

Le système Recopesca a pour vocation d’alimenter les systèmes d’information océanographiques et halieutiques de l’Ifremer. Il s’appuie donc sur les centres de donnés thématiques existants :

  • Coriolis, pour l’océanographie côtière et hauturière opérationnelle,
  • Le SIH (Système d’Informations Halieutiques), et sa base de données Harmonie pour l’halieutique.

Une fois les données des capteurs émises par les concentrateurs et réceptionnées à l’Ifremer, les données physiques (profils et séries de température, salinité…) sont archivées dans la base Coriolis, puis utilisées par les scientifiques dans la recherche et les modèles océanographiques. Quant aux données relatives aux activités de pêche (effort, secteurs de pêche, captures, paramètres physiques au fond…), elles sont stockées dans la base de données Harmonie pour être utilisées par les halieutes (recherche et expertises).

Cette gestion des données par les centres thématiques garantie le contrôle qualité de l’information et la diffusion aux utilisateurs finaux. Pour plus d’informations sur l’utilisation des donnée.

Enfin, la confidentialité des données est garantie, les informations individuelles des navires (et notamment les positions des actions de pêche) ne sont jamais diffusées.

Quel retour pour les professionnels volontaires ?

Une attention particulière est portée sur le retour d’informations auprès des pêcheurs volontaires. Ainsi, deux documents ont été élaborés :

  • Une synthèse des données enregistrées par les capteurs d’un navire au cours de ses marées. Elle apporte notamment une connaissance plus fine des conditions environnementales entourant ses opérations de pêche. Chaque pêcheur reçoit la synthèse de ses propres données tous les 3 à 6 mois ;
  • Un bulletin trimestriel, réalisé par les physiciens du programme Prévimer. Il propose une description synthétique de l’état physique et biologique de l’océan, en exploitant entre autres les données physiques collectées par les navires instrumentés dans le cadre de Recopesca. Ces bulletins sont disponibles sur le site de Prévimer accompagnera la synthèse individuelle envoyée à chaque pêcheur volontaire.

Par ailleurs, le développement d’une balance embarquée, associée aux capteurs de mesure de l’effort de pêche, permet d’envisager de manière concrète la prédocumentation d’un carnet de pêche (ou journal de bord) électronique. Celui-ci consigne en effet la position, l’engin de pêche, l’effort de pêche et la production par espèce de chaque opération de pêche, c’est-à-dire l’ensemble de l’information prochainement disponible au travers du système Recopesca. La transmission vers la passerelle des données brutes issues des capteurs est donc actuellement à l’étude (notamment dans le cadre d’un projet labellisé Pole Mer Bretagne, SIAD associant des partenaires industriels).

De la même manière, les données Recopesca pourraient être utilisées par les professionnels à des fins de valorisation des produits de la pêche : par exemple, dans le cadre de la mise en place d’un label d’origine contrôlée, les données de positionnement des navires enregistrées par le GPS pourraient garantir l’origine et la traçabilité des produits auprès de structures de certification.

Enfin, au-delà des synthèses d’informations envoyées aux professionnels volontaires, l’accès des pêcheurs aux données individuelles de leur propre navire est à l’étude.

Quels types de navires équiper ? Combien?

Le système a été étudié pour une mise en œuvre sur tout type de navires de pêche, quelle que soit leur taille, les métiers qu’ils pratiquent ou les infrastructures techniques disponibles à bord.

Durant la phase pilote de Recopesca (2005-2009), une trentaine navires volontaires, couvrant différents métiers, ont été instrumentés : la collaboration et l’aide de leurs patrons et armateurs ont permis de tester la faisabilité du projet, mettre au point et améliorer les capteurs, les adapter aux conditions à bord des navires et sur les engins de pêche, tester et améliorer la qualité de la donnée collectée, évaluer et prendre en compte les contraintes techniques et informatiques, ainsi que les possibilités de restitution de la donnée aux pêcheurs.

En 2010, Recopesca a engagé le déploiement de son système autonome, pour atteindre à termes un panel d’environ 300 à 400 navires équipés, répartis sur l’ensemble des façades maritimes françaises.

Pour plus d’informations, télécharger la plaquette Recospesca - mars 2010.