HAP

Hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP

Les HAP constituent une vaste famille de composés chimiques composés de carbone et d'hydrogène formant au moins 2 cycles aromatiques. En raison de cette définition leur nombre théorique est infini (voir quelques exemples en bas de page) ainsi que leurs propriétés physico-chimiques. Ils sont répartis en HAP légers (jusqu’à trois cycles) ou lourds (au-delà de trois cycles). Ces composés sont hydrophobes (non ou peu miscible avec l'eau) par conséquent, dans le milieu aquatique, on les trouve associés à de la matière organique soit dans les sédiments soit sur des particules en suspension.

Origine des HAP

Selon leur origine, les HAP sont regroupés en trois catégories : pyrolytiques, pétrogéniques et diagénétiques :

  • Pyrolytique : Formation par combustion incomplète de matière organique d'origine naturelle (feux, volcanisme) ou anthropique (activité domestique ou industrielle). Cette source est responsable de la majorité des émissions de HAP dans l'atmosphère.
  • Pétrogénique :Formation à partir des produits pétroliers ou des dérivés des produits pétroliers. Cette source est responsable d'émissions plus localisées chroniques (activité portuaire, raffinerie, lessivage des infrastructures routières) ou accidentelle (marée noire).
  • Diagénétique (ou biogéniques) : Formation par transformation par les organismes vivants.

Les origines pyrolytiques et pétrogéniques constituent les 2 sources majeures d'émission de HAP dans l'environnement. Les HAP d'origine pyrolytique, émis dans l'atmosphère, peuvent être dispersés parfois à très longue distance de leur point d'émission. Ces HAP finissent par retomber sur terre ou dans l'eau avec les précipitations. De même que pour les HAP d'origine pétrogénique on ne les retrouve pas en solution dans l'eau mais accumulés dans les sédiments ou associés à des particules en suspension. Dans tous les cas, il s'agit toujours de mélange d'une multitude de HAP. La composition des mélanges varie en fonction de leur origine.

→ Dans le cadre du projet ConPhyPoP, nous étudierons les effets de HAP d'origine pyrolytiques et pétrogéniques.

Transfert des HAP

On l'a vu les HAP sont présents dans l'environnement associé à la matière organique et non en solution dans l'eau. Le transfert aux organismes vivants va dépendre de plusieurs paramètres et en particulier de la biosdisponibilité (qui elle même dépend de la nature de la matière organique, des caractéristiques des HAP, des caractéristiques du milieu). Les HAP peuvent pénétrer dans les organismes par contact ou par ingestion. Ils peuvent ensuite être accumulés dans l'organisme (en particulier dans les tissus lipidiques ou être biotransformés puis excrétés. Les HAP sont accumulés essentiellement dans les invertébrés qui possèdent peu de moyen de biotransformation.

→ Dans le cadre du projet ConPhyPoP, 2 voies d'exposition seront étudiées : contact d'embryons avec des sédiments et alimentation.

Toxicité des HAP

Les propriétés toxiques des HAP dépendent de leur nature. Les principaux effets toxiques sont la génotoxicité (altération de l'ADN), la cancérogénicité et le tératogénicité (altération du développement de l'embryon). Les HAP ont d'autres effets toxiques tel que la perturbation du système endocrinien et donc de la reproduction, du système immunitaire, du comportement... Par ailleurs, on l'a vu, dans l'environnement les HAP sont toujours présents en mélanges il est donc difficile d'évaluer les effets toxiques d'un mélange (a fortiori un mélange pour lequel la composition complète est impossible à obtenir) à partir des effets de composés individuels. En particulier parce que des composés individuels peuvent avoir des effets opposés ou complémentaires.

→ Dans le cadre du projet ConPhyPoP, nous évaluerons la toxicité de mélanges prélevés dans l'environnement donc représentatifs de situations existantes.