Les seuils de référence

Pour gérer les ressources, il est nécessaire de connaître l’état des stocks, la biomasse des reproducteurs, l’effort de pêche… mais il faut aussi fixer des limites à ne pas dépasser, et des objectifs à atteindre pour une pêche durable. Ces seuils et ces objectifs sont définis dans le cadre de l’approche de précaution appliquée à la pêche. De nombreuses conférences internationales ont été consacrées à ce sujet (Rio en 1992, Reyjavik en 2001, ... notamment sous l'égide des Nations Unies. La FAO a publié en 1995 un code pour une pêche responsable, des engagements ont été pris par les participants lors du sommet consacré au développement durable tenu à Johannesburg en septembre 2002).

Le seuil limite de la biomasse des reproducteurs 
On pense souvent que plus il y aura de géniteurs plus il y aura de juvéniles et donc de recrues. Cela n’est pas toujours vrai. Les conditions environnementales ont un impact plus grand sur le recrutement que la biomasse des reproducteurs. Si le milieu dans lequel se développent les œufs et les larves est favorable, le recrutement sera bon. En même temps, quelque soit les conditions du milieu s’il y a trop peu d’œufs et de larves, il y aura peu de jeunes recrues. Il existe donc un seuil en dessous duquel le recrutement est compromis. Actuellement certains stocks sont en dessous du seuil limite de la biomasse des reproducteurs. C'est le cas notamment de la morue de mer du Nord.

Le seuil limite de mortalité par pêche 
Il faut qu’il y ait assez de jeunes pour remplacer les reproducteurs. Si la mortalité par pêche est trop importante, trop peu d’entre eux pourront atteindre l’âge de la reproduction. Il existe donc un seuil limite de mortalité par pêche en dessous duquel le renouvellement des géniteurs n’est plus garanti.

Le seuil de précaution 
Les seuils limites étant basés sur les connaissances actuelles en sciences halieutiques, ils sont encore approximatifs. Afin de prendre en compte les incertitudes et minimiser les risques de dépasser les seuils limites ,les scientifiques proposent des seuils de précaution à la fois pour la biomasse des reproducteurs et pour la mortalité par pêche. Comme ces seuils intégrent la notion de risque, ce sont les gestionnaires qui, au final, doivent valider/fixer ces seuils de précaution.

Le seuil de rendement maximale durable
Grâce à leurs modèles mathématiques les scientifiques arrivent à tester les effets de différents niveaux de captures sur la biomasse des reproducteurs en tenant compte du seuil de précaution. Ils peuvent ainsi déterminer pour chaque stock suivi, une pression de pêche maximale ne risquant pas de compromettre le renouvellement du stock : le rendement maximal durable.