Les expertises sur les ressources marines

L'une des missions de l'Ifremer est de mettre ses capacités d’expertise et d’avis au service de l’autorité public. Ces expertises permettent d'effectuer des diagnostics sur l’état des ressources et leur niveau d’exploitation, et d'émettre des avis et recommandations donnant la possibilité aux décideurs nationaux ou européens de mettre en place des mesures de gestion. L’institut est également amené à faire des expertises dans le cadre de prestations commerciales en réponse à des demandes privées.

L’expertise internationale

Cette expertise est en grande partie élaborée au sein de groupes de travail du CIEM (ainsi que d’autres organismes internationaux comme le CICTA/ICCAT, le CTOI/IOTC, le COPACO/WECAFC, l'OPNA/NAFO...) par des scientifiques qui examinent les données disponibles et les modèles susceptibles d’être utilisés pour améliorer la qualité des diagnostics sur l’état des stocks gérés au niveau européen. L’objectif de ces groupes d’experts est d'estimer des indicateurs permettant de suivre l’évolution du stock étudié et la pression de pêche à laquelle il est soumis. L’évolution de ces indicateurs sur la période étudiée permet la mise en évidence de tendances qui servent de base aux diagnostics des scientifiques et à leurs recommandations pour atteindre une pêche durable. Les diagnostics sont le plus souvent prolongés par des simulations de l’impact sur les ressources, de diverses mesures de gestion, voire d’analyses socio-économiques, ces scénarios facilitant l’arbitrage dans les décisions de gestion.

Toutefois l’expertise se heurte à un certain nombre de problèmes qui portent sur l’incertitude des données utilisées, sur la non prise en compte de certains facteurs, sur l’imprécision des modèles de prévision. La prise en compte de l’incertitude dans le diagnostic et les projections, mais surtout dans la prise de décision, constitue un véritable enjeu, notamment au regard des décisions internationales qui spécifient que « les Etats sont appelés à prendre davantage de précaution dans les cas de plus grande incertitude » (Accord sur la conservation et la gestion des stocks chevauchants et des poissons grands migrateurs – ONU 1995) « l’insuffisance d’informations scientifiques appropriées ne devrait pas être une raison de remettre  à plus tard ou de s’abstenir de prendre des mesures de conservation et de gestion » (art. 6.5 et 7.5.1, Code de conduite pour une pêche responsable, FAO 1995).

 

L’expertise nationale

Ifremer intervient également à l’échelle nationale ou régionale dans le cadre de ses missions d’aide à la décision. L’institut est très fortement sollicitée par les autorités nationales, régionales et locales pour établir des diagnostics sur les stocks dont la gestion est nationale. C’est le cas de la plupart des gisements de coquillages. Les avis rendus s’appuient sur une forte présence sur le terrain, la participation à de nombreuses visites de gisements et la mise en place de campagnes d’évaluation directes des ressources ou par l’analyse des résultats lorsque les observations sont effectuées par les professionnels eux-mêmes sur la base d’un protocole scientifique élaboré par l’institut. L’expertise nationale consiste également à répondre aux sollicitations de l’Administration (ou des professionnels) pour explorer des voies d’amélioration de la gestion des ressources..

 

L’expertise dans le cadre de prestations commerciales ou en partenariat

L’institut peut-être sollicitée par des entreprises privées ou par des groupes de professionnels pour des expertises spécifiques. Ce peut être, par exemple, des expertises pour évaluer l’impact d’un engin de pêche sur une zone particulière ou des expertises pour évaluer la performance d’un chalut sélectif mis au point par la profession. De plus en plus, ces expertises s’effectuent dans le cadre de partenariats scientifiques-pêcheurs.