Le Rendement Maximal Durable (RMD, RMS ou MSY)

« Maintenir ou restaurer les stocks à des niveaux permettant de produire le rendement maximal durable, le but étant d’atteindre d’urgence cet objectif pour les stocks réduits, et là où c’est possible, pas plus tard qu’en 2015 » aboutir à des pêcheries durables constituait un des engagements (31 a) pris par les nations lors du sommet de Johannesburg en 2002.

C’est aussi un des objectifs (le principal) de la PCP 2014-2020 :« La PCP applique l'approche de précaution en matière de gestion des pêches et vise à faire en sorte que l'exploitation des ressources biologiques vivantes de la mer rétablisse et maintienne les populations des espèces exploitées au-dessus des niveaux qui permettent d'obtenir le rendement maximal durable ».

Afin de parvenir à l'objectif consistant à rétablir progressivement et à maintenir les populations des stocks halieutiques au-dessus des niveaux de biomasse qui permettent d'obtenir le rendement maximal durable, le taux d'exploitation permettant d'obtenir le rendement maximal durable sera, si cela est possible, atteint en 2015 et pour tous les stocks, progressivement et par paliers, en 2020 au plus tard. » (article 2)

Qu'est-ce que le rendement maximal durable ?

Le Rendement Maximal Durable (RMD) parfois appelé Production Maximale Equilibré (PME) ou en anglais, Maximum Sustainable Yield ( MSY) est la plus grande quantité de biomasse que l’on peut extraire en moyenne et à long terme d’un stock halieutique dans les conditions environnementales existantes sans affecter le processus de reproduction (définition FAO).

 

 

La courbe des captures en fonction de l’effort de pêche augmente rapidement quand la pêcherie se développe, elle atteint un maximum (le RMD), puis, si l’effort continue à croitre, elle diminue (surexploitation). 

L’exploitation au rendement maximal durable

Pour qu'un stock soit exploité au rendement maximal durable, il faut ajuster l'effort de pêche et les modalités de captures au maximum de ce qu'il peut produire durablement.

En effet

  • un effort de pêche trop faible ne met pas la ressource en danger, mais ne permet pas de tirer le maximum du stock (sous exploitation),
  • un effort de pêche trop important peut permettre d'obtenir des captures importantes à court terme mais entraîne une diminution de la ressource (surexploitation) et donc à terme des captures insuffisantes et par conséquent une activité qui n'est plus économique viable.
  • un effort de pêche et des modalités d'exploitation adaptés, c'est un maximum de captures durablement.

Pour obtenir durablement des captures les plus élevées possibles, la pression de pêche est l’unique variable de contrôle. Il faut donc que l’exploitation du stock se fasse avec la pression de pêche permettant de donner le RMD (FRMD) ; c’est l’objectif prioritaire de la PCP. Au bout de plusieurs années d’exploitation à ce niveau de pression de pêche (FRMD), les captures seront maximales et la biomasse du stock se stabilisera à un niveau que l’on pourra alors estimer comme étant la valeur de biomasse BRMD. 

 

Atteindre le maximum en jouant sur l'effort de pêche ou la sélectivité

La dynamique d'un stock (sa productivité et son renouvellement) dépend de l’effort de pêche auquel il est soumis (nombre de navires, puissances, engins, temps passé en pêche…) et des modalités d’exploitation (proportion des différentes tailles dans les captures).

Pour un diagramme d’exploitation donné, il est possible de modifier (à terme) les captures en jouant sur :

 1. la quantité d'effort

 

 2. les gammes de tailles/âges des poissons capturés (c'est à dire sur la sélectivité)

 

Selon les stocks et les modalités d’exploitation actuelles, les gains que l’on pourrait attendre peuvent être beaucoup plus importants en améliorant la sélectivité qu’en agissant uniquement sur l’effort de pêche. Evidemment il faut trouver l’engin, le dispositif sélectif, la tactique de pêche qui permette d’atteindre cet objectif… et prendre en considération les aspects multi-spécifiques de beaucoup des activités de pêche.

 

 3. à la fois sur les améliorations de l’effort de pêche et la sélectivité 

pour maximiser les maxima :

 

A chaque diagramme d'exploitation correspond un Rendement Maximal Durable (RMD) moyen et plus la pêche est sélective, plus le RMD correspondant est élevé. Le schéma idéal, qui permettrait d'obtenir le maximum des RMD possibles, serait de ne capturer aucun individu avant l'âge critique. Ce diagramme d'exploitation idéal est hélas difficile à réaliser en pratique ; les modalités d’exploitation correspondantes restent à inventer. Il serait néanmoins possible de se rapprocher de cette situation idéale par une amélioration de la sélectivité des engins utilisés, par des changements d’engins, par des modifications de tactiques de pêche. Dans certains cas, une forte amélioration de la sélectivité pourrait même permettre une augmentation de l’effort de pêche pour maximiser durablement les captures.

 

 

En savoir plus sur :

Une gestion basée sur le rendement maximum durable (UE)

application/pdf Rendement Maximal Durable (RMD) : concilier conservation et exploitation (juillet 2013)

application/pdf La msy, quels enjeux pour les halieutes