La démarche

Cette section présente d'abord la démarche de construction d'indicateurs d'aide à la gestion des AMP, puis détaille les principales étapes du projet qui permettent d'aboutir à la construction de tableaux de bord de manière cohérente avec la démarche indicateur présentée.

Plan:
La démarche indicateur
Les principales étapes du projet

 

La démarche indicateur

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Variable, métrique ou indicateur ?

 

Une métrique est une variable calculée à une échelle et à partir d'un protocole d'observation donné. Elle précise donc, les échelles (spatiale, temporelle et systémique) auxquelles la variable est calculée ainsi que la façon dont on la mesure (système d'observation et protocole de terrain).

Une métrique est pertinente pour une question ou un objectif lorsque ses variations peuvent être interprétées de manière non ambigüe par rapport à cette question ou cet objectif.

Une métrique devient un indicateur lorsqu’elle est accompagnée d’une grille de lecture qui permet d’en interpréter les valeurs selon le ou les objectif(s) à évaluer. Cette interprétation suppose de déterminer la précision et la justesse de l’indicateur.

Qu'est-ce qu'un bon indicateur? Afin qu’il puisse être utile pour réaliser des diagnostics, cet indicateur doit posséder certaines qualités statistiques : précision suffisante, absence de biais et robustesse à la variabilité « naturelle » des données. Il est primordial que l’indicateur 1) soit sensible à l’effet évalué; ou 2) qu'il soit analysé de manière à prendre en compte les autres facteurs qui influencent ses variations, notamment quand ces derniers ne peuvent être contrôlés à travers le protocole de collecte des données.

Aide à la décision. Pour être utile à la gestion, l’indicateur est muni d’une grille de lecture, mais il doit également « parler » aux utilisateurs et être présenté sous une forme adéquate. Un tableau de bord est une manière d'organiser les indicateurs par objectif de gestion.

Des exemples ? En ce qui concerne l'évaluation de l'efficacité des AMP, on peut s’intéresser à un indice de diversité comme indicateur de la protection apportée par l’AMP en matière de biodiversité, ou à la CPUE en dehors de l’AMP comme indicateur du bénéfice pour les pêcheries adjacentes, mais aussi au nombre de plaisanciers fréquentant l'AMP ou aux opinions des usagers sur des sujets liés à cette dernière.

 

Références:

Beliaeff, B., & D. Pelletier. 2011. A general framework for indicator design and use in environmental management with case studies. Ocean and Coastal Management 54, 84-92.

 

L’objectif du projet est de choisir et tester des métriques, et de retenir celles qui peuvent devenir des indicateurs au regard des objectifs de gestion des AMP.

La démarche de construction des indicateurs est résumée dans le schéma ci-dessous :


Figure n°1 : Schéma de la démarche de construction des indicateurs dans le projet PAMPA

Ce schéma illustre l'idée que « les indicateurs permettent de faire le lien entre les objectifs de gestion et les actions à entreprendre » (FAO 1999).

FAO (1999) Indicators for sustainable development of marine capture fisheries. Rome: Food and Agriculture Organisation. 68 p.

 

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Principales étapes du projet

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Une formulation consensuelle des objectifs et actions de gestion

Pour chaque AMP, les buts et objectifs de gestion ont été listés, et complétés par les actions correspondantes. Une formulation consensuelle de ces buts et objectifs a été obtenue à l’issue des discussions impliquant scientifiques et gestionnaires. Ce travail a été mené grâce à plusieurs ateliers organisés durant le projet. Cette formulation unique constitue la base à partir de laquelle les indicateurs ont été construits et organisés en tableaux de bord.

 

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Sélection de métriques pertinentes pour chaque objectif de gestion

Nous sommes partis des données existantes et des données que les AMP pensent pouvoir collecter dans le cadre de suivis en routine.

Quand il n’existait pas de suivi, des protocoles de collecte appropriés ont été proposés: les questions à aborder ont été cadrées pour borner le type d’information à collecter, puis les protocoles de collecte ont été définis

Les métriques calculables à partir des données existantes et des données collectées ont été listées et leur pertinence explicitée.

Cette étape du projet a permis de rédiger et valider plusieurs documents décrivant, pour chacun des thèmes abordés (biodiversité/ressource, usage et gouvernance), les métriques pertinentes pour mettre en évidence des effets liés aux AMP. Par exemple le nombre d’espèces à l’intérieur et à l’extérieur de la réserve peut permettre de mettre en évidence l’effet de la protection de l’AMP sur la biodiversité. Ou encore le nombre de bateaux de plaisance par zone selon le niveau de protection peut permettre de mettre en évidence l’effet « attractif » de la réserve sur les activités de plaisance mais aussi une pression sur l'écosystème.

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Mise au format des données existantes et collecte de nouvelles données.

Afin de pouvoir exploiter les données des différents sites et des différents thèmes à partir d'une plateforme unique, deux formats de données ont été définis :

  • un pour les différents types de données sur la biodiversité et les ressources ;
  • un pour les données sur les usages.

Une base de données sous ACCESS a été développée pour la saisie et la validation des données sur les usages, les systèmes existants ne pouvant accueillir ce type de donnée qui devaient être collectées.

L'objet du projet n'était pas la gestion des données, mais leur exploitation en vue de la production d'indicateurs. Les référentiels espèces et la base de données sur les usages ont du être développés du fait de l'absence d'outils ou de leur inadaptation aux besoins du projet.

Deux référentiels ont été construits pour standardiser la description des espèces et des engins de pêche. De cette manière, il est possible de croiser des données écologiques, d'usage et de gouvernance. Deux référentiels espèces ont été construit : Un pour l’outremer, l'autre pour la Méditerranée.

Un protocole de collecte de données harmonisé a été défini et utilisé dans la plupart des sites pour les usages récréatifs et informels. Un protocole de suivi de la pêche professionnelle spatiallement cohérent avec celui du Système d’Information Halieutique de l’Ifremer a été mis en place au Parc Marin de la Côte Bleue.

 

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Calcul et analyse des métriques.

Une plateforme permettant le calcul d'indicateurs, la réalisation des graphiques et des analyses statistiques associées a été développée avec le logiciel libre R. Elle ne constitue pas un logiciel professionnel (ce qui n'était pas l'objet de ce projet). Son utilisation est facilitée par un travail sur les interfaces et les guides pour utilisateurs et développeurs qui permettent à différents publics de s’approprier cet outil. Le but premier de cette plateforme est de produire des réponses utiles sur le fond et la forme aux gestionnaires pour l’évaluation de la performance des AMP.

Grâce à cette plateforme, une multitude de métriques ont été calculées sur l’ensemble des sites (voir la section III de chaque rapport par site), pour au final ne retenir que celles qui se sont révélées intéressantes pour l’évaluation de la performance des AMP.

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Interprétation des métriques

La grille de lecture permet d'interpréter les valeurs prises par chaque métrique en référence à un objectif de gestion et aux actions qui en découlent. En fonction des jeux de données et des métriques, l’interprétation s’est appuyée sur un modèle statistique ou sur des dires d’experts. Cette interprétation des valeurs numériques est ensuite traduite en un code de couleur dont les barèmes ont été harmonisés entre buts de gestion et entre sites d’étude.

Pour chaque métrique retenue, une fiche standard (format-type à -lien-) décrit les données nécessaires, le calcul, les analyses et l'interprétation. Les fiches produites sont consultables dans les rapports par site. Le format et des exemples de fiches sont consultables à cette page (Les Outils).

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Construction des tableaux de bord

En dernier lieu, les métriques retenues comme indicateurs de la performance des AMP ont été agencées, pour chaque objectif de gestion, en un tableau de bord contenant un ensemble d'indicateurs jugés utiles pour évaluer l'atteinte de l'objectif en question. Pour les buts de conservation de la biodiversité et des ressources, il apparaît nécessaire de placer côte à côte des indicateurs d’état, des indicateurs de pression et des indicateurs de gouvernance. Les deuxièmes permettent de relativiser l’état de la biodiversité par rapport aux pressions subies, et les indicateurs de gouvernance, notamment les perceptions, informent sur les usagers à cibler dans les actions de gestion et orientent vers des modalités d’action en fonction de l’état. Les tableaux de bord de chaque site sont accessibles à cette page (Cas d'étude).

 

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