Réseau de surveillance phytoplanctonique

Le Réseau de surveillance phytoplanctonique Rephy a été créé par l'Ifremer en 1984, suite à l'observation de nombreuses intoxications de type diarrhéique chez les consommateurs de coquillages en 1983 et 1984, sur les côtes bretonnes. Ces intoxications avaient pour origine le développement dans le milieu littoral de Dinophysis, phytoplancton ayant la propriété de produire des toxines diarrhéiques.

Le Rephy est un réseau national dont la couverture est assurée par douze laboratoires côtiers qui se partagent le littoral français. Il a pour objectifs :
- d'observer l'ensemble des espèces phytoplanctoniques des eaux côtières, et recenser les événements tels que les eaux colorées, les efflorescences exceptionnelles et les proliférations d'espèces toxiques ou nuisibles pour la faune marine ;
- de surveiller plus particulièrement les espèces produisant des toxines dangereuses pour les consommateurs de coquillages.

Ces objectifs sont complémentaires, puisque la surveillance régulière de l'ensemble des espèces phytoplanctoniques permet la détection des espèces toxiques et nuisibles connues, mais également d'espèces potentiellement toxiques. C'est la présence de ces espèces toxiques dans l'eau qui déclenche la surveillance des toxines dans les coquillages.

En Languedoc-Roussillon, dix points de surveillance sont échantillonnés régulièrement (au 01/01/2002).

Ces points sont répartis du Grau du Roy (département du Gard) à l'embouchure de l'Agly (département des Pyrénées Orientales). Ils sont, pour l'essentiel, placés dans les zones d'élevages ou de pêches de coquillages.

Le genre Dinophysis est un agent produisant des phycotoxines DSP (Diarrheic Shellfish Poison).

Les zones particulièrement atteintes sont l'étang de Salses-Leucate et les filières de moules en mer ouverte.

Le genre Alexandrium est un phytoplancton qui sécrète des phycotoxines PSP (Paralytic Shellfish Poison).

L'étang de Thau est la seule zone en Languedoc-Roussillon a être régulièrement confronté à un phénomène de prolifération d'Alexandrium catenella. Cette espèce a été détectée pour la première fois en 1995 sur le point Bouzigues. Aucun épisode toxique n'y a été associé.

En revanche, en novembre 1998, cette espèce s'est fortement développée dans l’étang de Thau et a provoqué la contamination des moules et des palourdes par des toxines PSP à des concentrations élevées (environ 800 µg / 100 g de chair dans les moules).

En 1999 et 2000, l'Alexandrium catenella s'est de nouveau manifesté, mais la contamination par les toxines PSP a été faible.

En novembre 2001, cette espèce a provoqué, comme en 1998, une crise importante. Les concentrations en toxines PSP ont été importantes (environ 500 µg / 100 g de chair dans les palourdes) et pour la première fois elles ont dépassées le seuil "santé publique" dans les huîtres.

Ces épisodes récurrents dans les lagunes du Languedoc Roussillon, entraîne une forte mobilisation du laboratoire pour cette problématique. ainsi que le lancement d'un programme spécifique d'étude du déterminisme des efflorescences d'Alexandrium dans l'étang de Thau.