Surveillance du dinoflagellé toxique Alexandrium

Le Réseau de surveillance Rephy a décelé la première manifestation du dinoflagellé toxique Alexandrium tamarense / catenella dans l'étang de Thau en novembre et décembre 1998. Cette efflorescence et celles qui ont eu lieu à l'automne 2001 et à l'automne 2003 ont entraîné l'interdiction de la commercialisation des coquillages. Des efflorescences de moindre importance se sont produites en 1999 (juillet et septembre-octobre) et 2000 (mai et septembre). En dehors des périodes d'efflorescence, ces algues sont absentes ou présentes en très petit nombre.

Pour de plus amples informations, on se reportera au bulletin spécial d'information actualisé à la faveur de l'efflorescence d'octobre 2003.

Le cycle de vie du genre Alexandrium (voir la représentation du cycle biologique d'Alexandrium minutum d'après Wyatt et Jenkinson) est particulier. L'espèce maintient sa présence sous forme de kystes dans les sédiments. Ces kystes  peuvent rester en dormance et ne germer que lorsque les conditions sont favorables. Il est généralement admis que cette germination est à l'origine des proliférations massives et brutales. L'ampleur du développement dépendra alors des conditions environnementales plus ou moins adaptées à ses besoins, tant au niveau physique (température, salinité, turbulence…), qu'au niveau des ressources nutritives.

Les observations réalisées au cours des différents évènements ont établi que la Crique de l'Angle, située dans le nord de l'étang de Thau, est un point de départ de ces phénomènes, sans que l'on sache encore s'il existe d'autres foyers dans l'étang.

Mise en place d'un programme de recherche

Un programme de recherche est en cours en collaboration avec le laboratoire "Ecosystèmes lagunaire" (UMR 5119 CNRS) de l'Université de Montpellier II, dont l'objectif est d'identifier les facteurs environnementaux pouvant expliquer l'apparition, le développement et le déclin de ces efflorescences.

La Crique de l'Angle est particulièrement étudiée. Cette zone qui reçoit les écoulements de la Vène, principal cours d'eau se jetant dans la lagune, est en outre le siège de nombreuses activités dont l'impact sur l'environnement doit être évalué.

Ces travaux devraient aboutir à la mise au point d'un modèle qui permette la prédiction aussi précoce que possible des phénomènes et un outil d'étude des aménagements envisageables pour en limiter l'impact, voire les éviter.