Campagne CGFS 2010
Sur les 103 opérations de chalutage validées, la totalité des traits prioritaires a pu être effectuée.
Travaux effectués lors de la campagne CGFS 2010.
L’abondance et la biomasse globale calculées sur les chalutages communs à l’ensemble de la série sont en hausse respectivement de 73% et de 8% par rapport à 2009. Les espèces qui contribuent essentiellement à l'augmentation de l'abondance sont : le merlan (Merlangius merlangus), le sprat (Sprattus sprattus), la dorade grise (Spondyliosoma cantharus), le hareng (Clupea harengus), la limande (Limanda limanda), l’anchois (Engraulis encrasicolus), la plie (Pleuronectes platessa) et enfin le chinchard commun (Trachurus trachurus) qui comme chaque année a un effet significatif sur la tendance globale. Les principales espèces qui influent sur l'augmentation de la biomasse sont le tacaud commun (Trisopterus luscus), le merlan, le chinchard, la plie, la limande, et l’émissole tachetée (Mustelus asterias). Les espèces plus abondantes mais n’ayant pas d’effet sur la variation de biomasse sont l’anchois, la dorade grise et le sprat, représentées par des individus de très petite taille. En effet, les individus capturés en 2010 sont de taille moyenne inférieure à ceux de 2009, sauf pour le merlan et le tacaud commun. Cette année est marquée par une augmentation significative de l’abondance des poissons pélagiques. Ces espèces peuvent avoir d’une année sur l’autre de fortes variations entraînant un impact direct sur la biomasse et l’abondance globale. Toutefois il convient de rester prudent sur l’interprétation des résultats car l’engin utilisé n’est pas vraiment adapté à leur capture.
Espèces |
Abondance (nb individus/km²) |
Biomasse (kg/km²) |
||||
2009 |
2010 |
Différence en % par rapport à 2009 |
2009 |
2010 |
Différence en % par rapport à 2009 |
|
Chinchard |
23307 |
66960 |
187 |
339.85 |
830.76 |
144 |
Sprat |
14825 |
23235 |
57 |
169.05 |
196.89 |
16 |
Hareng |
270 |
4091 |
1415 |
2.78 |
25.32 |
812 |
Anchois |
18 |
3160 |
17456 |
0.20 |
14.08 |
6862 |
Sardine |
116 |
888 |
666 |
5.31 |
7.16 |
35 |
Maquereau |
140 |
461 |
229 |
28.71 |
83.04 |
189 |
Variation CGFS 2009/2010 des espèces pélagiques.
Parmi les espèces importantes dont l'abondance diminue, se trouvent l’encornet commun (Loligo vulgaris) (-27%), la petite roussette (Scyliorhinus canicula)(-14%), le rouget barbet (Mullus surmuletus)(-83%), l’émissole tachetée (Mustelus asterias)(-78%), le bar (Dicentrachus labrax)(-13%), l’encornet veiné (Loligo forbesii)(-74%) et enfin comme l'année précédente le petit tacaud (Trisopterus minutus)(-7%).
La campagne 2010 est caractérisée par une augmentation beaucoup plus importante de l’abondance par rapport à la biomasse laissant supposer une meilleure représentativité des petits individus. Cette hypothèse est confirmée d'une part par une augmentation de l'abondance des petits individus de chinchard, de sprat, de dorade grise, de hareng et d’anchois et d'autre part par une diminution du nombre d'individus capturés pour des espèces dont le poids moyen est élevé telles que le cabillaud (Gadus morhua), la petite roussette, l’émissole tachetée et le bar.
Concernant l’encornet commun qui enregistre une augmentation régulière de son abondance depuis plusieurs années, l’indice 2010 est inférieur à celui de 2009 qui était le meilleur indice de la série. Cette espèce est plus abondante dans les zones côtières et sa répartition spatiale est identique à 2009.
Contrairement à l’année précédente, où l’on observait une inflexion des indices de la plie (Pleuronectes platessa), cette année montre une augmentation de 82% pour l’abondance et de 55% pour la biomasse. On note cependant une légère diminution du poids moyen qui tant à montrer que les individus de petite taille sont légèrement plus abondants.
Pour le merlan (Merlangus merlangius), les indices 2010 sont supérieurs à la tendance de 2009 qui était au-dessus de la moyenne observée sur l'ensemble de la série. La répartition en taille est identique à 2009 avec une bonne représentation d’une part des jeunes individus de moins de 20cm laissant envisager un bon recrutement pour cette espèce cette année, et d’autre part des individus de 21 à 28 cm faisant suite au bon indice de juvéniles de l’année précédente. La distribution géographique du merlan en 2010 ne varie pas par rapport aux années antérieures. Les zones de forte abondance se situent essentiellement au niveau de la baie de Seine, de la baie de Somme et de la baie de Rye où les jeunes individus se concentrent.
A l'inverse de 2009, les indices de rouget barbet de roche en 2010 sont en diminution et reviennent dans la moyenne des indices relevés au cours de la série historique. Cet indice est principalement représenté par les jeunes individus dont la taille est inférieure à 15 cm, limite biologique du groupe d'âge 0 pour cette espèce. Toutefois on n’observe pas les effets du bon recrutement de 2009 sur les individus d’âge 1 laissant supposer qu’ils ont été capturés en majeure partie.
Concernant le bar (Dicentrachus labrax), l'indice d'abondance est en baisse par rapport à 2009 et se situe légèrement en dessous de la moyenne de la série. La répartition en taille de 2010 montre un décalage vers les tailles plus grandes (déplacement du mode de 35 cm en 2009 vers 40 cm en 2010). Sa distribution géographique est un peu plus étalée cette année entraînant une légère augmentation de son occurrence.
Les dix espèces ayant les plus fortes occurrences sont présentées ci-dessous. La première place est toujours occupée par la même espèce, à savoir le chinchard.
2009 |
2010 |
différence % par rapport à 2009 |
||
Nom commun |
Occurrence 2009 |
Nom commun |
Occurrence 2010 |
|
Chinchard commun |
95% |
Chinchard commun |
91.26% |
-4 |
Encornet commun |
91% |
Encornet commun |
86.41% |
-5 |
Petite roussette |
68% |
Callionyme lyre |
65.05% |
10 |
Rouget barbet |
66% |
Griset |
64.08% |
0 |
Griset |
64% |
Petite roussette |
62.14% |
-9 |
Grondin rouge |
59% |
Rouget barbet |
59.22% |
-10 |
Callionyme lyre |
59% |
Seiche commune |
53.40% |
14 |
Encornet veiné |
54% |
Grondin rouge |
52.43% |
-11 |
Seiche commune |
47% |
Plie commune |
51.46% |
39 |
Petit tacaud |
45% |
Limande |
42.72% |
19 |
Variation de l'occurrence des 10 espèces les plus rencontrées.
La température moyenne enregistrée en 2010 est supérieure à celle de 2008 pour chaque zone de la campagne CGFS. Le minimum enregistré étant de 13.6°C (pour la baie de Seine) ce qui est normal car d’une part cette zone est travaillée en fin de campagne et d’autre part, elle subit l’influence des eaux plus fraîches de la Seine. Les températures maximales (17,12°C en moyenne) ont été observées en zone 1 prospectée en début de campagne. La distribution spatiale des températures semble homogène en 2008. Les salinités varient de 32.08 mg/l dans la zone de la baie de Seine, qui là encore subit l’influence des apports en eaux douces de la Seine, à 34.97 mg/l dans la zone 3. Il n’y pas une très grande variabilité des salinités en Manche Orientale qui est plutôt marquée par de plus faibles salinités côté français, dues en particulier aux apports en eau douce des cours d’eau tels que la Seine.
