Les résultats de la campagne Tara-Océans viennent de paraître. Le LPO a contribué à ces travaux par le suivi des tourbillons qui servent d'habitat à l'écosystème planctonique.

Dans un numéro spécial de la revue Science publié le 22 mai, une équipe de chercheurs, internationale et multidisciplinaire cartographie la biodiversité d’un large éventail d’organismes planctoniques marins, explore leurs interactions, notamment le parasitisme, ainsi que la façon dont ils agissent sur leur environnement et sont affectés par différentes variables, en particulier la température. Issues d’une partie des 35 000 échantillons collectés dans les océans de la planète durant l’expédition Tara Oceans (2009-2013), ces données constituent des ressources sans précédent pour la communauté scientifique, dont un catalogue de plusieurs millions de nouveaux gènes, qui vont transformer la façon dont on étudie les océans et dont on évalue le changement climatique.

Partie de Lorient le 5 septembre 2009 pour une durée de trois ans, l'expédition Tara Océans a eu pour but d'étudier la composition du plancton à l'échelle de la planète. Plusieurs chercheurs du CNRS font partie du consortium qui a mis sur pied cette aventure scientifique inédite. Il s’est appuyé sur des outils technologiques ultra-modernes et un protocole d'analyse des échantillons et données collectés, qui ont été publiés dans la revue PLoS Biology.

L’expédition réalisée en moins de trois ans, elle offre une simultanéité d’observation qui, bien exploitée, peut donner un état de référence au regard des évolutions futures des écosystèmes marins, bousculés par la surexploitation, les pollutions, le changement climatique et l'acidification des océans.

Réalisée dans des conditions standardisées, l’expédition Tara Oceans offre une collection d’observation d’organismes planctoniques dont les composantes sont comparables facilement. Réalisée en enregistrant soigneusement les paramètres physico-chimiques océaniques (température, salinité, profondeur, propriété optique de l'eau...) du lieu de prélèvement, elle permet de les relier aux descriptions des micro-organismes (virus, bactéries, larves, œufs, protistes...) et des écosystèmes. Au delà même de ces paramètres, ce sont les situations précises de ces lieux de prélèvement relativement aux structures dynamiques de l’océan (courants, fronts, tourbillons, upwellings, …) et aux masses d’eau grâce au routage de précision effectuées en utilisant les données satellitaires tout au long de l'expédition et aux analyses environnementales, tous deux effectués par des chercheurs océanographes physiciens du Laboratoire de Physique des Océans de Brest (Sabrina Speich, Bruno Blanke et Nicolas Grima) qui donnent tout leur sens aux études de biodiversité.