La Conchyliculture

La conchyliculture des pertuis Charentais occupe un rang primordial dans la production nationale.
En effet, sur les 110 000 tonnes d'huîtres commercialisées annuellement en France, 47 000 tonnes le sont par le Poitou-Charentes, soit 44 % du marché Français. La mytiliculture tient également un rôle important, avec une production de 19 500 tonnes sur les 55 220 tonnes produites en France, soit 35%.*

Les superficies occupées par les élevages sur les estrans sont de 5100 hectares pour les huîtres, et de 900 ha pour les moules*, pour des biomasses en élevage respectives de 119 000 tonnes et 19 500 tonnes (Ifremer 2001).

Les espèces élevées sont Crassostrea gigas pour l'huître, et majoritairement Mytilus edulis pour la moule. La situation géographique et l'historique de la conchyliculture lui confèrent un statut particulier dans les bassins conchylicoles Français.
*données issues du Recensement de la conchyliculture, Agreste 2003

Des pratiques traditionnelles en évolution

La conchyliculture se pratique dans les pertuis Charentais depuis plus d'un siècle.
Traditionnellement, les élevages se pratiquaient en semis à plat sur le sol pour les huîtres. Les techniques ont évolué, et l'on a vu se développer la culture en poches sur tables, la culture sur filières, et plus récemment les élevages en semi-profond.

La mytiliculture a également évolué, avec l'apparition dans les années 1990 des élevages sur filières suspendues.

Ces évolutions se son accompagnées de mécanisation des moyens, qui ont accru les capacités techniques et la rentabilité des entreprises.

Des pertuis estuariens

En effet, les trois pertuis charentais sont alimentés par des rivières :
Le pertuis Breton au Nord est arrosé par la Sèvre Niortaise, le Lay, et le Curé
Le pertuis d'Antioche voit se déverser la Charente
Le pertuis de Maumusson est alimenté par la Seudre

Les rivières sont le principal convoyeur de sels nutritifs pour les pertuis. Elles amènent également beaucoup de matières en suspension, organiques et minérales. Les premières sont utilisées par les organismes filtreurs en élevage, et les secondes participent à l'envasement global de ces zones. Ce phénomène rend obligatoire pour certaines zones l'enlèvement des cheptels et des structures d'élevage ostréicoles en période hivernale, de manière à favoriser le lessivage des sols par les tempêtes. Pour compléter ce nettoyage, la profession, aidée par le Conseil Général et l'administration des Affaires Maritimes, assure le dévasage, le nettoyage et la restructuration des zones d'élevage à un rythme d'une soixantaine d'hectares par an. Le but est de restaurer les capacités hydrodynamiques, donc trophiques des parcs d'élevage.

Elles peuvent être également le vecteur de transport de contaminants d'origine terrigène liés à l'activité humaine (bactériologiques par exemple, cf REMI) lors d'épisodes de pluviométrie importante.
En dernier lieu, elles abaissent la salinité globale de l'écosystème, ce qui favorise la survie des larves de mollusque. A ce dernier paramètre est lié le fait qu'il s'agit d'un bassin où la reproduction importante, ce qui fait de Marennes-Oléron le premier fournisseur de naissain sauvage d'huîtres Français. Sont donc présents, en particulier dans le bassin de Marennes Oléron, tous les métiers de la production, du captage, demi-élevage, et élevage à plat ou en surélevé

Des estrans très occupés

Les superficies propices à l'élevage en terrain découvrant sont pratiquement totalement occupées (cf Evaluation des biomasses). Dans les années 1980 il a même été montré que le stock d'huîtres présent dans le bassin de Marennes Oléron était trop important, et préjudiciable à une bonne croissance (graphe). Si ces biomasses ont diminué depuis, il n'en reste pas moins que la compétition intra élevage doit être importante, puisque les performances d'élevage sont en dessous de la moyenne nationale (cf Observatoire Conchylicole).

Cet état de fait a engendré une pratique d'élevage "multi-site", les professionnels transférant les jeunes huîtres (dites de demi-élevage) dans des zones plus "poussantes" comme la Bretagne, ou la Normandie. Si cette pratique améliore les rendements zootechnique, elle grève néanmoins financièrement les entreprises l'adoptant.

Une spécificité régionale, l'affinage en claires

L' activité d'affinage en claires est fondamentale sur le marais maritime Charentais. Environ  3000 hectares de marais littoraux

sont utilisés par la conchyliculture pour cette phase de finition de l'élevage.

Elle est destinée à améliorer les huîtres non seulement sur le plan gustatif mais également visuel par le verdissement provoqué par la diatomée Haslea ostrearia. Un certain durcissement est également noté, qui favorise le maintien des animaux en bon état quand ils sont à sec.

Les structures professionnelles (Comité Régional de la Conchyliculture Poitou-Charentes), ont engagé des processus de démarche qualité et de labellisation des huîtres affinées en claires. Dans le cadre des démarches professionnelles d'identification Géographique Protégée (IGP), Haslea ostrearia pourrait être utilisée comme marqueur de terroir dans le processus de verdissement des produits labellisés Marennes-Oléron.