La Tempête XYNTHIA

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia a marqué son passage, entraînant des dégâts considérables.

Figure 1 : Xynthia : Marée et vents lors de son passage.

La conjonction des phénomènes de marée (haute mer et fort coefficient), et météorologiques, notamment par des vents violents proches de 140 km/h (Figure 1), est à l’origine de la surcote exceptionnelle. Celle-ci a engendré la submersion des installations d'assainissement de certains secteurs côtiers de Charente-Maritime.

Face au risque potentiel de contamination microbiologique des zones de production conchylicole, un dispositif spécial de surveillance en alerte REMI a été mis en œuvre à titre préventif pour l’ensemble des zones de production du département. Seul un prélèvement dans la zone du pertuis Breton a révélé un niveau de contamination supérieur à 1000 E.coli/100g de CLI. Aucune contamination n'a été identifiée supérieure aux seuils d’alertes réglementaires.

Dans les jours qui ont suivi la tempête une efflorescence phytoplanctonique d’envergure s’est développée à l’échelle des pertuis (Figure 2).

Figure 2 : Spatialisation de l'efflorescence algale de mars 2010. Imagerie satellitaire. Source Nausicaa

Cette efflorescence était composée de Skeletonema costatum, observée chaque année, accompagnée pour la première fois dans les pertuis par Pseudo-nitzschia australis à des concentrations supérieures à 10 000 cellules par litre (cf par ex. dans le pertuis Breton, Figure 3).

Figure 3

L’apparition de P. australis, 2 semaines après la tempête Xynthia, a entraîné l’accumulation d’acide domoïque dans les organismes marins filtreurs. Des mesures administratives d’interdiction de pêche et de commercialisation ont concerné les bivalves d’élevage et de pêche à pied pendant deux à trois semaines. Les mollusques des gisements plus profonds (pectinidés) accumulent différemment la toxine amnésiante selon l’espèce. Ainsi, l’acide domoïque n’a pas été détecté dans le pétoncle noir, alors qu’il est toujours présent, largement au dessus du seuil sanitaire, dans les coquilles Saint-Jacques de l’ensemble des pertuis en décembre 2010.

Les liens avec la tempête Xynthia (poster) proviennent d’une opportunité entre la présence à faible densité d’une micro-algue et d’une abondance de nutriments provoquée par la tempête et dont elle a su tirer profit. Dans la littérature scientifique l’urée est décrite comme pouvant favoriser la croissance et la toxicité de P. australis . Ce nutriment a bien été observé dans le pertuis Breton dès le 17 mars, mais n’a pas été analysé auparavant.