ROCCH

Le Réseau d'Observation de la Contamination Chimique

En 2008 Le ROCCH, Réseau d’Observation de la Contamination Chimique du littoral, a pris la suite du RNO, Réseau National d’Observation, qui existait depuis 1974.

Ce réseau a pour objectif de répondre aux obligations nationales, communautaires et internationales de surveillance chimique : application de la DCE (Directive cadre sur l’Eau) et conventions OSPAR (OSlow PARis) et de Barcelone.

De plus, pour le compte de la DGAL (Direction Générale de l’ALimentation), le ROCCH effectue le suivi chimique des zones de productions conchylicoles.

Le RNO mesurait les métaux (Ag, Cd, Cr, Cu, Hg, Ni, Pb, V, Zn), les hydrocarbures polyaromatiques (HAP), les PCB, le lindane et les résidus de DDT.

Aujourd’hui la surveillance sanitaire porte sur les trois métaux réglementés (Cadmium, plomb et mercure), les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) représentés par le benzo(a)pyrène, et enfin les dioxines et PCB (PolyChloroBiphényles)de type dioxine (PCBdl).

La surveillance DCE, OSPAR et Barcelone porte sur les 41 substances prioritaires DCE et les substances obligatoires des conventions internationales

Cette surveillance s’effectue sur trois matrices, eau, sédiment et coquillages.

La matrice sédiment est surveillée lors de campagnes menées tous les six ans.

  • La surveillance dans l'eau se fait dans le cadre de la DCE, une fois par mois pendant un an tous les six ans.
  • La surveillance dans les coquillage se fait :
    •  en février, sur toutes les zones classées « surveillance sanitaire » et sur les espèces réellement exploitées. Les teneurs en contaminants sont en effet proche du maximum annuel en fin d'hiver.
    • en novembre, sur les points DCE et OSPAR Conformément aux lignes directrices de cette convention internationale

Les coquillages sont utilisés comme indicateurs car ils ont la faculté de concentrer de nombreux contaminants présents dans le milieu

Ce phénomène de bio-accumulation est lent et peut nécessiter plusieurs mois de présence d'un coquillage sur un site pour que sa concentration en contaminant soit représentative de la contamination du milieu ambiant. On voit donc l'avantage d'utiliser ces indicateurs : concentrations plus élevées que dans l'eau, facilitant les analyses et les manipulations d'échantillons ; représentativité de l'état chronique du milieu permettant de s'affranchir des fluctuations rapides de celui-ci.

Cadmium (Cd)

Les principales utilisations du cadmium sont les traitements de surface (cadmiage), les industries électriques et électroniques et la production de pigments colorés surtout destinés aux matières plastiques. A noter que les pigments cadmiés sont désormais prohibés dans les plastiques alimentaires. Dans l’environnement, les autres sources de cadmium sont la combustion du pétrole ainsi que l’utilisation de certains engrais chimiques où il est présent à l’état d’impureté.

Le renforcement des réglementations de l’usage du cadmium et l’arrêt de certaines activités notoirement polluantes s’est traduit par une baisse générale des niveaux de présence observés.

Mercure (Hg)

Seul métal volatil, le mercure, naturel ou anthropique, peut être transporté en grandes quantités par l’atmosphère. Les sources naturelles en sont le dégazage de l’écorce terrestre, les feux de forêt, le volcanisme et le lessivage des sols. Sa très forte toxicité fait qu’il est soumis à de nombreuses réglementations d’utilisation et de rejet. Les sources anthropiques sont constituées par les processus de combustion (charbon, pétrole, ordures ménagères, etc.), de la fabrication de la soude et du chlore ainsi que de l’orpaillage.

Plomb (Pb)

Depuis l’abandon de l’usage du plomb-tétraéthyle comme antidétonant dans les essences, les usages principaux de ce métal restent la fabrication d’accumulateurs et l’industrie chimique. Son cycle atmosphérique est très important et constitue une source majeure d’apport à l’environnement.

Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)

Les HAPprésents dans l’environnement résultent de différents processus :

  •  La biosynthèse par des organismes vivants
  •  Les pertes à partir du transport ou de l’utilisation des carburants fossiles, charbons, pétroles.
  •  La pyrolyse des matières organiques à haute température, feu de forêt, combustions des charbons et pétroles.

La combustion des essences est une source importante d’introduction des HAP dans l’atmosphère, parmi lesquels le benzo(a)pyrène. Les activités telles que les usines de production d’aluminium, les raffineries de pétroles ou les rejets urbains contribuent également de manière importante aux apports atmosphériques et aquatiques.

Les dioxines et PCB (PolyChloroBiphényles)de type dioxine

Les dioxines sont principalement issues des processus industriels, mais peuvent être produites lors de phénomènes naturels comme les éruptions volcaniques ou des incendies de forêt.

L’émission de dioxine dans l’atmosphère est principalement due aux incinérateurs de déchets ménagers, en raison de combustion incomplète, à l’industrie métallurgique et sidérurgique et la pratique de l’écobuage des végétaux en raison des produits phyto-sanitaires rémanents.

Les dioxines sont également des sous produits indésirables que l’on trouve lors des procédés de fabrication comme le blanchissement au chlore des pâtes à papier ou la production des pesticides.

Les données du ROCCH sont archivées dans la base Quadrige² de l'Ifremer, référence nationale des données de surveillance des eaux littorales.

Le Bulletin de la Surveillance du laboratoire LER/PC est téléchargeable ici : Bulletin de la Surveillance

Les séries temporelles de certains contaminants sont consultables sur le site Environnement Littoral de l'Ifremer :

http://envlit.ifremer.fr/resultats/acces_aux_donnees

Pour plus d’information sur l’origine et les éventuels effets des différentes substances suivies dans le cadre du RNO :

http://envlit.ifremer.fr/documents/bulletins/rno

En cliquant sur l'imagette ci-dessous, vous pourrez accéder à une carte interactive des contaminants chimiques dans les huîtres et les moules du littoral français :

 

26 sites de prélèvement de coquillages concernent le LER/PC pour ce réseau (carte ci-dessous)