Les Origines

extrait de la Notice sur
L'OFFICE DES PÊCHES MARITIMES
DE 1919 A 1939.

  L'Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes, établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière par la loi du 31 décembre 1918 dont le fonctionnement fut déterminé par le Décret du 1 2 mars 1919 fut doté des ressources indispensables pour assurer son fonctionnement, à défaut de toute subvention de l'État, par une loi du 7 janvier 1920 qui autorisa la perception à son profit de taxes sur les navires et établissements de pêches; plus tard en 1929, les conserveurs en poisson furent soumis à une taxe spéciale versée à l'Office. Ainsi étaient appelés à contribuer directement à alimenter le budget de l'Établissement, tous ceux qui vivent des industries de la mer et à ce titre bénéficient des travaux de l'Office, tous orientés vers l'étude des problèmes que pose le développement des pêches maritimes.

   Le Conseil d'Administration composé des représentants les plus qualifiés des industries intéressées et de hautes personnalités scientifiques, présidé par un membre éminent du Conseil d'État, a poursuivi méthodiquement le développement des moyens d'action de l'Office. En 1919 et 1920, celui-ci disposait seulement des installations de l'ancien Service Scientifique des Pêches, à Paris, qui lui étaient affectées par la Loi de 1918 et où fut organisé le Laboratoire de chimie, de bactériologie et d'essais techniques.

   En 1920, par suite d'un accord passé avec la Ville de Boulogne, l'Office put disposer des bâtiments de la Station aquicole (établissement fonctionnant depuis 1883) qui devint le premier laboratoire maritime de l'Office. Ce port fut ainsi le premier à bénéficier sur place de conseillers techniques en la personne des différents chefs du Laboratoire.

   Les importants résultats obtenus à Boulogne dès la première année par cette collaboration entre les professionnels et les savants, conduisirent l'Office à envisager la création d'un centre de recherches sur la côte de l'Atlantique et en 1921, une organisation modeste était réalisée à La Rochelle avec l'appui de personnalités locales: un correspondant fut, en outre, chargé dans le Sud-Ouest, des relations avec l'armement à la grande pêche (Bordeaux) et à la sardine (Saint-Jean-de-Luz).

   En 1924, une annexe du laboratoire de Paris, spécialisée pour les questions relatives au traitement préservateur des filets de pêche, fut installée à Saint-Servan. C'est au cours de cette même année que fut mis en application le Décret du 31 juillet 1923 : l'Office dut créer un nouveau service et l'organisa tout d'abord en liaison avec les organisations professionnelles et les Associations de contrôle dont il utilisa les laboratoires. Par la suite, il fut nécessaire de laisser à l'Office seul la direction des opérations de contrôle et la charge financière complète des laboratoires. Cette réforme fut réalisée en 1928.

   L'accroissement du Service ostréicole ne faisait pas négliger la poursuite des études de biologie appliquée à la pêche et en 1931 l'Office put ouvrir un nouveau laboratoire maritime au Port de Pêche de Lorient-Kéroman. En 1932, le laboratoire de La Rochelle fut considérablement agrandi. Enfin, en 1933, un laboratoire fut installé à Biarritz dans le « Palais de la Mer » édifié par la Municipalité de cette ville : sa direction fut confiée au Délégué de l'Office pour la région du Sud-Ouest.

   Les études de l'Office réalisées dans ses différents laboratoires ne seraient pas suffisantes si elles n'étaient régulièrement complétées par des recherches à la mer; depuis sa fondation, l'Office n'a cessé d'y pourvoir par de nombreux embarquements à bord des navires de pêche, de navires commerciaux et surtout de navires de la Marine Nationale. Il assura de plus l'armement d'un chalutier spécialisé, la « Tanche » qui effectua des croisières régulières de 1921 à 1928.

   Mais, en 1933, un navire, muni des appareils océanographiques les plus perfectionnés fut construit à l'aide des crédits d'outillage national: affecté par la Loi à l'Office, il fut armé par lui jusqu'en 1938 ; les charges qui pèsent sur la gestion financière de l'Établissement ont incité le Gouvernement à confier le soin d'armer le navire à la Marine Nationale à partir de 1939, tout en le laissant pour les croisières océanographiques à la disposition de l'Office qui pourra ainsi poursuivre ses recherches à la mer.

 Cet exposé très rapide montre de quelle façon prudente mais continue a été réalisé le développement de l'Office; en vingt années, le nombre de ses différents collaborateurs est passé de 5 à 50, celui des laboratoires de 1 à 10; les services ont donc décuplé malgré les difficultés résultant des circonstances économiques au milieu desquelles s'est poursuivi ce développement. Les résultats obtenus montrent bien que la formule adoptée en 1919 pour l'organisation d'un établissement autonome était judicieuse.

   La gestion financière de l'Office confiée à son Conseil d'Administration, soumise à l'approbation d'un Contrôleur financier relevant du Ministre des Finances, n'a donné lieu, de la part des Hautes Juridictions chargées de la contrôler, à aucune critique et même les mesures administratives prises par les Gouvernements successifs n'ont fait que renforcer l'organisation créée voici plus de vingt ans.

 L'utilité de l'Office n'est contestée par personne: bien plus, les professionnels viennent de demander que ses attributions soient étendues, d'une part, au contrôle sanitaire de tous les coquillages, d'autre part, au contrôle de la fabrication des conserves de poissons. Ces demandes vont recevoir bientôt satisfaction, ce qui comportera la création de nouveaux Services et de nouveaux laboratoires.

 Après vingt ans d'action persévérante, le développement de l'Office des Pêches maritimes ne s'arrête pas.