Réseau microbiologique : le REMI

L'IFREMER est chargé d'animer le réseau national de contrôle microbiologique des zones de production de coquillages pour le compte du ministère concerné.

Sur la base du dénombrement dans les coquillages vivants des bactéries Escherichia coli, le REMI a pour objectifs :

  • d’évaluer les niveaux de contamination microbiologique dans les coquillages et de suivre leurs évolutions,
  •  de détecter et suivre les épisodes de contamination.

 

Cette surveillance de la qualité microbiologique des zones de production s’effectue uniquement sur des zones exploitées par les professionnels et classées par le préfet.

  • zone A : les coquillages peuvent être récoltés pour la consommation humaine directe
  • zone B : les coquillages sont mis sur le marché après purification
  • zone C : les coquillages sont mis sur le marché après un reparcage de longue durée
  • zone D : l’exploitation des coquillages est interdite.

La fréquence de base du suivi est mensuelle, dans certains cas, la fréquence peut être bimestrielle. La détermination de la fréquence d’échantillonnage est basée sur une approche statistique de la répartition des résultats acquis durant les trois dernières années calendaires.

 

Le REMI comprend un dispositif de surveillance régulière et un dispositif d’alerte.

Les zones de production sont soit des zones de parcs ostréicoles ou mytilicoles, soit des gisements naturels exploités professionnellement par des pêcheurs embarqués ou à pied

Il est à noter qu’avec des productions annuelles de l’ordre de 40 000 tonnes de moules et de 30 000 tonnes d'huîtres, la région de Basse Normandie est aujourd’hui la première zone productrice de France.

Le Cahier REMI (cahier des spécifications techniques et méthodologiques REMI) définit les principes généraux et les modalités pratiques de mise en œuvre opérationnelle de la surveillance sanitaire des zones de production et de reparcage. Il définit notamment la stratégie d’échantillonnage (localisation, fréquence de prélèvement), les modalités de réalisation des prélèvements, des analyses, les règles de traitement et de diffusion des données. La bancarisation des données dans la base de données nationale Quadrige, ainsi que les modalités de contrôle des données avant mise à disposition du public sont définies dans une procédure spécifique.

L’inventaire cartographique des points de prélèvement et des listes des zones classées et surveillées présente la position géographique de l’ensemble des points de prélèvement REMI et les listes des zones classées pour chaque LER par département avec l’indication du classement sanitaire défini par arrêté préfectoral, des points de surveillance, de leur fréquence de prélèvement respective et du coquillage prélevé.

Les résultats du REMI sont, entre autre, utilisés par les Préfets de départements pour prendre des décisions :

  • de classements sanitaires des zones de production conchylicoles,
  • des "fermetures" ou des déclassements momentanés de zones de production en cas de contaminations ponctuelles importantes.

Le classement sanitaire des zones de production conchylicole

Les Préfets de départements classent par arrêtés les zones de productions conchylicoles en quatre classes de qualité sanitaire, de A à D (voir grille de classement ci-dessous), en distinguant :

  • Groupe 1 : les gastéropodes, comme les bulots
  • Groupe 2 : Les bivalves fouisseurs, comme les coques,les palourdes ...
  • Groupe 3 : Les bivalves non fouisseurs, comme les huîtres ou les moules

 

Les contaminations des coquillages par le plomb, le cadmium et le mercure sont également prises en compte pour l’établissement des classements de zones.

Les zones classées A sont réputées salubres, et la mise sur le marché des coquillages de pêche ou d’élevage est autorisée sans purification préalable. Dans les zones B, de moins bonne qualité microbiologique, une purification des coquillages par immersion dans des bassins de traitements appropriés est nécessaire avant mise en vente. Les coquillages provenant de zones C doivent préalablement être reparqués dans une zone A prévue à cet effet pendant une longue durée (reparcage associé ou non à une purification) ou être expédiés aux conserveries (traitement thermique). Enfin, l'exploitation ou la vente des coquillages de zones D sont interdites.

 

En Haute et Basse Normandie, on dénombre 10 zones classées A, 29 classées B pour les coquillages fouisseurs et non fouisseurs. Les cartes ci-dessous nous montrent que ce sont les zones d’estuaire et les fonds de havres qui sont les plus mal classés. Ce constat semble logique puisque ces zones reçoivent directement les eaux polluées par des microorganismes entériques (bactéries, virus, parasites) en provenance des bassins versants. Les contaminations proviennent soit des systèmes d’assainissement domestiques ou urbains, soit du lessivage des terres agricoles, et notamment des zones d’épandage de déjections animales (lisiers, fumiers,…).

 

Les "fermetures" ponctuelles, ou les déclassements momentanés des zones de production conchylicoles.

 

Le dispositif d’alerte est déclenché lorsque les normes définissant les classes de qualité sont dépassées, lorsque les risques de contamination (rejets polluants, orage…) sont importants, ou en cas d’épidémie chez les consommateurs.

 

Pour chaque classe de qualité, des valeurs seuils de déclenchement d’alerte ont été définies :

  • 230 E. Coli par 100ml de Chair et de Liquide Intervalvaire (CLI) pour les zones classées A,
  • 4600 E. Coli/100ml CLI pour les zones B,
  • 46 000 E. Coli/100ml CLI pour les zones C.

 

En cas de dépassement de ces valeurs seuils, le réseau REMI est donc mis en alerte, (réalisation de nouveaux prélèvements) et le Préfet de département peut prendre un arrêté soit pour un déclassement momentané de la zone, soit pour la fermeture de cette zone, i.e. l’interdiction de pêche, de ramassage et de mise sur le marché des coquillages de la zone.

Le reclassement de la zone, ou la levée de la fermeture, n’intervient que lorsque les coquillages ont retrouvé leur qualité sanitaire d’origine.