Unité technique phytoplancton et phycotoxine

Parmi les êtres vivant sur notre planète, un grand nombre passe généralement inaperçu : c’est le cas des microalgues encore appelées « phytoplancton ». Ce sont des organismes unicellulaire. Environ 6 000 espèces de microalgues sont identifiées dans le milieu marin.

 

Si la taille réduite des microalgues ne permet leur observation qu’au microscope, leur présence en grand nombre est parfois détectable par la couleur de l’eau : verte, brune, rouge...

En effet, chaque cellule contient des pigments dont la fonction est d’assurer la photosynthèse, laquelle fournit de 60 à 80 % de l’oxygène atmosphérique. Le phytoplancton constitue la base de l’alimentation chez les espèces herbivores aquatiques, et c’est pourquoi la biodiversité des populations phytoplanctoniques est un facteur important. Le développement du phytoplancton dépend principalement de la lumière disponible, de la température de l'eau et de la quantité de nutriments présents.

L'unité technique phytoplancton de Port-en-Bessin va rechercher dans l’eau prélevée tout au long des 750Km de côtes Normandes, quatre genres de phytoplancton toxique :

Le Dinophysis

 

Cette microalgue produit des toxines diarrhéiques (dites toxines lipophiles, ou DSP -Diarrheic Shellfish Poison-) .

Les symptômes

diarrhées, douleurs abdominales, parfois nausées et vomissements.

Ces toxines étant thermostables, la cuisson des coquillages ne diminue pas leur toxicité.

Les toxines lipophiles apparaissent régulièrement sur la façade Calvados/Seine-Maritime.

 

 

Le Pseudo-nitzschia

Cette microalgue produit des toxines amnésiantes (ou ASP –Amnesic Shellfish Poison-) .

Les symptômes

Les premiers symptômes, de type gastro-intestinal (vomissements, diarrhées, nausées...)surviennent dans un délai de 2 à 24 heures après consommation des moules contaminées. Entre 24 et 48 heures, ce sont des symptômes neurologiques qui sont observés (maux de tête persistants, désorientation et une confusion). Dans les cas les plus graves, il apparaît une perte de mémoire, des dommages cérébraux et parfois des convulsions et un coma pouvant conduire à la mort.

Ces toxines étant thermostables, la cuisson des coquillages ne diminue pas leur toxicité.

En normandie, ces toxines ont été relevées comme supérieures au seuil sanitaire à 2 reprises dans les coquilles saint jacques (2004 et 2011)

L’Alexandrium

Cette microalgue produit des toxines paralysantes (ou PSP –Paralytic Shellfish Poison-) .

Les symptômes

fourmillement des extrémités, picotements et engourdissements autour des lèvres, vertiges et nausées, en cas d'intoxication faible, extension des picotements, incoordination motrice, pouls rapide, en cas d'intoxication modérée, paralysie et troubles respiratoires pouvant être mortels, en cas d'intoxication forte.

Ces toxines étant thermostables, la cuisson des coquillages ne diminue pas leur toxicité.

Il n’y a, à ce jour, jamais eu de dépassement du seuil d’alerte d’Alexandrium en Normandie.

 

L’Ostréopsis

 

Cette microalgue produit des palytoxines, toxines faisant partie des toxines naturelles les plus toxiques connues (avec la ciguatoxine). Cette toxine a la particularité de pouvoir être inhalée.

Les symptômes

observés concernent essentiellement la sphère ORL et consistent en des phénomènes irritatifs, les cas les plus graves ayant présenté des difficultés respiratoires.

Il n’y a, à ce jour, jamais eu de détection d’Ostreposis en Normandie.