GERMON : structure GEnétique et migRation du thon gerMON - Atlantique sud et ouest océan Indien

Le thon germon est la seconde espèce la plus pêchée par les palangriers réunionnais.
Mais cette ressource pélagique et migratrice est actuellement surexploitée dans l’Atlantique sud. Elle est actuellement considérée en surpêche dans l’océan Indien.
Le projet GERMON a été mis en place pour étudier la structuration de la population de thon germon dans le sud ouest de l'océan Indien, et pour évaluer la connectivité qui peut exister, au niveau du Cap de Bonne Espérance, entre le stock de thon germon de Atlantique sud et celui de l’ouest de l’océan Indien.
Les résultats de ce projet seront exploités par les commissions de gestion des thons de l’Atlantique et de l’océan Indien pour améliorer la gestion de cette espèce.

Le thon germon en quelques mots

 

 

Une espèce commerciale recherchée, grande migratrice et à maturité tardive

Parmi les espèces de thon les plus recherchées par la pêche industrielle, le thon germon, dit également thon blanc, est apprécié pour sa chair fine, claire, tendre et savoureuse.

Il a une maturité tardive et une longue durée de vie ce qui le rend vulnérable à la surexploitation.

Son aire de répartition est vaste, on le trouve en effet partout dans le monde, dans des eaux chaudes et tempérées. Il est considéré comme un grand migrateur car il peut migrer des milliers de kilomètres chaque année au travers d’un océan.

Une espèce menacée

Le statut du thon germon est actuellement considéré en déclin (rouge) dans l’Atlantique sud (ICCAT 2011) et le Pacifique (ALBWG 2011).

Face à :

  1. l’augmentation de l’exploitation du germon dans l'océan Indien,
  2. le peu de connaissance sur la biologie et la distribution de cette espèce dans l'océan Indien - cette espèce ayant été surtout étudiée dans les océans Atlantique et Pacifique,
  3. les incertitudes sur l’estimation des stocks dues au manque de données biologiques et de statistiques fiables dans l’océan Indien,

cette espèce a été classée par mesure de précaution et pour la première fois par la Commission Thonière de l'Océan Indien (CTOI) comme une espèce vulnérable (orange) dans l’océan Indien en 2012 (IOTC 2012).

Les objectifs du projet GERMON

Afin de contribuer à une meilleure connaissance de cette espèce pour améliorer sa gestion, le projet GERMON, porté par l’IFREMER, se découpe en 2 volets et 5 actions reposant sur l’acquisition et l’analyse de données à plusieurs échelles spatiales et temporelles.

Volet 1 : Analyses des données de captures réunionnaises et de la biologie de l'espèce
  • Action 1 – Standardisation et analyse des statistiques de pêche historiques de thon germon de la flottille palangrière réunionnaise
    Partenaires : IPMA (Portugal)
  • Action 2 – Acquisition de données biométriques (morphométriques) et biologiques (sexe et maturité sexuelle) à partir des captures réunionnaises et des données collectées par les partenaires (standardisation des mensurations et mise en place des clés taille/taille et taille/poids, évaluation des sexes-ratios et de la maturité sexuelle).
    Partenaires : DAFF (Afrique du Sud), CAPFISH (Afrique du Sud), SFA (Seychelles), IRD (Seychelles), IRD (Sète, France)
Volet 2 : Étude de la structure spatiale du germon - données génétiques, trophiques, énergétiques et chimiques
  • Action 3 – Identification des liens existants entre les stocks de l'océan Indien et de l'Atlantique Sud, et l’impact potentiel pour la pêche réunionnaise
    Partenaires : CAPRUN (La Réunion), DAFF (Afrique du Sud), CAPFISH (Afrique du Sud)

  • Action 4 – Tests des hypothèses de lieux de nourricerie et de reproduction autour de La Réunion
    Partenaires : IRD (Seychelles), IRD (Sète, France), SFA (Seychelles)
  • Action 5 – Étude préliminaire de la structure du germon en fonction de son habitat : structure adaptative
    Partenaires : IRD (Seychelles), IRD (Sète, France), IFREMER (Nantes, France)
Échantillonnage et analyses

L’échantillonnage se fera sur 4 zones géographiques durant la phase présumée de reproduction (novembre 2013 à janvier 2014) et en dehors de celle-ci (mai à juillet 2014).

Les données produites et les analyses effectuées au cours de ce projet impliqueront un large panel de disciplines : génétique, chimie, biologie et écologie. En effet, le couplage de ces disciplines permet de travailler sur l'ensemble des échelles de l'histoire de vie et du cycle de vie d'une population (échelle écosystémique, évolutive, générationnelle,  individuelle, annuelle, saisonnière, et journalière). Intégrer l'ensemble de ces échelles permet :

  • de retracer l'histoire d'une population (génétique),
  • d'approfondir les connaissances sur le cycle de vie (génétique, chimique, et biologique),
  • de comprendre le lien entre les individus (génétique, chimique, et biologique),
  • de révéler l'adaptation des individus à l'habitat (génétique, chimique, biologique, et écologique), 
  • et de situer la population au sein de son réseau trophique (chimique et écologique).

Le traitement de ces disciplines dans leur ensemble permettra de répondre aux objectifs du Projet GERMON.

Partenaires financiersPartenaires scientifiques et techniques

FEP, IFREMER

IFREMER, CAPRUN, CAPFISH, IRD, DAFF, IPMA, SFA, CTOI, ICCAT