Interactions des microalgues toxiques et mollusques bivalves

L’étude des processus de contamination et de décontamination des mollusques bivalves par des phycotoxines correspond à une demande sociétale.

Les données acquises ces dernières années au laboratoire PHYC ont permis de préciser les faits marquants suivants:

> Le rôle de la nourriture dans l’accélération du processus d’élimination des toxines, en particulier le rapport organique/minéral.

> Les cinétiques de détoxication étaient dépendantes de la métabolisation des molécules toxines.

> Si les toxines étaient stables sous formes dissoutes (une fois les cellules vectrices lysées) elles n’étaient que peu ou pas biodisponibles pour les mollusques.

> La capacité d’enkystement, de survie, de germination et de toxicité des principales espèces toxiques après transit stomacal chez l’huître et la moule.

La poursuite de ces études nécessite d’acquérir des connaissances ‘amont’ indispensables pour le développement de recherches appliquées, en particulier selon deux axes prioritaires:

  • Caractérisation des facteurs qui modèrent ou amplifient l’accumulation globale des phycotoxines dans les tissus des bivalves. Parmi ceux-ci on ne retiendra que les principaux : les taux de filtration et de consommation, la polyploïdie, la réponse inflammatoire, la séquestration tissulaire, la résistance des cellules toxiques au transit intestinal, l’impact des toxines sous forme dissoute, la part respective des toxines et des composés allélopathiques dans l’inhibition des processus alimentaires. Cet axe est mené en étroite collaboration avec l’équipe du LEMAR-CNRS de l’Université de Bretagne Ouest à Brest.
  • L’élucidation des processus métaboliques qui vont entraîner la dégradation ou la biotransformation des toxines bioaccumulées. Du résultat de cette transformation dépendra le niveau de toxicité final lié aux nouveaux composés. Ces études imposent une approche métabolomique ainsi que la connaissance des enzymes digestives et de détoxication impliquées après discrimination par protéomique.