Ecophysiologie des microalgues toxiques

Au cœur de nos études se trouvent les microalgues et les cyanobactéries toxiques, et la manière dont elles répondent à l’influence des facteurs environnementaux et nutritionnels.

Ces recherches sur  la croissance et la production de toxines de ces microorganismes sont nécessaires à la compréhension des épisodes toxiques et par voie de conséquences à la gestion du risque tant pour les acteurs de la filière conchylicole que pour les autorités sanitaires.

Le laboratoire s’intéresse à développer des cultures associées afin d’étudier l’influence de la mixotrophie sur la toxicité des dinoflagellés. Le modèle le plus original est celui du Dinophysis qui se nourrit sur un cilié, qui a lui-même absorbé des cryptophytes dont les plastes seront conservés fonctionnels tout au long de la chaine alimentaire.

Notre champ d’investigation est en perpétuel évolution puisque aux organismes pélagiques étudiés depuis plusieurs décennies tels qu’Alexandrium sp se sont ajoutés des producteurs de toxines découverts  récemment comme Azadinium spinosum et Vulcanodinium rugosum mais également des dinoflagellés épiphytes et benthiques.

Le premier épisode toxique du dinoflagellé producteur de palytoxine et d’ovatoxines, Ostreopsis cf. ovata, durant l’été 2006 a souligné l’importance de prendre en compte les espèces potentiellement toxiques du phytobenthos dans la surveillance des microalgues toxiques. Si la culture toxique d’Ostreopsis au laboratoire a déjà permis de développer une méthode de purification des ovatoxines, les cultures d’un autre organisme d’origine tropicale Gambierdiscus toxicus sont en cours d’essais.

Un nouvel axe innovant  est sans conteste la mise en culture de cyanobactéries marines et l’étude de l’influence des facteurs environnementaux sur la production de toxines.

Une thèse a débutée au laboratoire en octobre 2012 sur cette thématique, récemment mise en place au laboratoire. En effet, les premiers travaux au niveau international montrent que les cyanobactéries marines sont capables elles aussi de produire des toxines similaires ou différentes de celles synthétisées par les cyanobactéries des eaux douces (anatoxines, microcystines, BMAA), et aussi les mêmes toxines que celles produites par les dinoflagellés (saxitoxines, palytoxines). En étroite collaboration avec nos partenaires du GIS sur les Cyanobactéries, cette action a pour but de cerner la diversité des cyanobactéries marines, leur potentiel toxinogène, leur capacité de prolifération, et d’évaluer le risque de transfert des cyanotoxines dans les produits de la mer.