Caractérisation des biotoxines marines - Risques émergents

En matière de recherche, l’utilisation de la spectrométrie de masse est devenue incontournable pour l’identification des toxines algales et la mise en évidence de nouveaux dérivés.

Cet outil permet d’acquérir des données nécessaires pour le suivi des toxines accumulées dans la chaine alimentaire, permettant ainsi de mieux apprécier le risque sanitaire.

En effet, la toxine de base accumulée peut faire l’objet de réactions biochimiques (métabolisation), dans les tissus des produits de la mer et probablement dans le tube digestif, qui se traduit par la formation de dérivés plus ou moins toxiques.

Par conséquent, la purification de ces toxines est importante et plus particulièrement pour les toxines émergentes et leurs dérivés, en vue de disposer des molécules purifiées pour déterminer leur structure. De plus, ce matériel purifié doit permettre de développer des outils analytiques et conduire des études toxicologiques. Dans ce but, les travaux de mise en culture des organismes producteurs ou de récolte de coquillages contaminés sont renforcés.

Les enjeux croissants en matière de sécurité sanitaire, le durcissement de la réglementation européenne, nous conduisent à accroitre l’effort de recherche en matière de caractérisation des biotoxines marines et leur devenir dans les chaines alimentaires, en particulier :

> Les groupes de phycotoxines qui touchent régulièrement les côtes françaises :

  • le groupe acide domoïque produit par la diatomée Pseudo-nitzschia.;
  • le groupe acide okadaïque produit par le dinoflagellé Dinophysis, ainsi que le dinoflagellé benthique Prorocentrum;
  • le groupe saxitoxine produit par le dinoflagellé Alexandrium;
  • le groupe ovatoxine/palytoxine  produit par le dinoflagellé benthique Ostreopsis cf ovata.;
  • les groupes  pinnatoxines et spirolides produits par Vulcanodinium rugosum  et par Alexandrium ostenfeldii  respectivement.

> Le groupe ciguatoxines, phycotoxines non encore repérées en France métropolitaine, produit par le dinoflagellé benthique Gambierdiscus sp.. Rappelons que des dinoflagellés producteurs de ciguatoxines, ainsi que les poissons vecteurs ont été trouvés en Méditerranée et en Atlantique (Madère). Cette action sera menée en étroite collaboration avec l’Institut Louis Malardé (Polynésie française), ainsi que l’ARVAM (La Réunion).

> Les composés bio-actifs autres que les phycotoxines :

  • cyanotoxines puisque les premiers travaux au niveau international montrent que les cyanobactéries marines sont capables elles aussi de produire des toxines similaires ou différentes de celles synthétisées par les cyanobactéries des eaux douces (anatoxines, microcystines, BMAA), et aussi les mêmes toxines que celles produites par les dinoflagellés (saxitoxine, palytoxine);
  • composés hémolytique, cytotoxiques, ichthyotoxiques et allélopathiques, pouvant être produits principalement par Karenea mikimotoi et/ou Heterosigma akashiwo, qui sont toxiques pour la faune, la flore et les élevages.