La pêche à Arcachon

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La pêche à Arcachon

Le Bassin d'Arcachon " sensu stricto " est le siège d'une activité de pêche professionnelle assez intense, puisque des dénombrements récents (2000) permettent d'établir à environ 200 le nombre de bateaux impliqués dans cette activité. Toutefois, seul le quart de cette flottille appartient à des pêcheurs exclusifs, les trois quart restants appartenant à des ostréiculteurs qui peuvent pratiquer la pêche, comme activité annexe, dans le Bassin. Le tonnage des captures totales déclarées (entre 1998 et 2003) varie, selon les années, entre 500 et 750 tonnes par an. En comparaison, la flottille de pêche d'Arcachon qui travaille sur le plateau continental comprenait, en 2003, 25 navires armés à la pêche côtière (11 chalutiers et 14 fileyeurs) qui ramenaient 2500 tonnes en criée.

 

  • Mollusques

Les mollusques bivalves (palourdes, moules et coques) et céphalopodes (seiches) constituent l'essentiel des captures réalisées par les pêcheurs arcachonnais. D'autres espèces font l'objet de pêches "sporadiques", leurs populations n'atteignant pas d'abondances suffisante pour soutenir une exploitation régulière: c'est la cas de la pieuvre (Octopus vulgaris), du bigorneau (Littorina littorea) et du pétoncle (Chlamys varia).

1) Les palourdes

Parmi les espèces de palourdes présentes dans le Bassin d'Arcachon, deux sont exploitées : la palourde européenne (Ruditapes decussatus), espèce locale, et la palourde japonaise (Ruditapes philippinarum), introduite en 1980. L'élevage de cette espèce, à partir de naissain obtenu en écloserie, a été abandonné dans le Bassin comme dans les autres régions côtières de France depuis plusieurs années. En effet, les populations sauvages de palourde japonaise issues de cette vénériculture étant devenues partout très importantes, leur ramassage s'est avéré beaucoup plus rentable que leur élevage. Il s'agit d'une espèce particulièrement tolérante en matière de sédiment, de température, de salinité, et qui colonise aussi bien les chenaux peu profonds que les parties basses et moyennes de l'estran. A l'heure actuelle, cette espèce est très largement dominante dans les captures.

 

Ruditapes spp.

Depuis l’année 2000, le Laboratoire Ifremer Ressources halieutiques Aquitaine – Anglet réalise, avec l’aide du Comité Local des Pêches Maritimes et des Elevages Marins d’Arcachon, des campagnes d’estimation du stock de palourdes (dominées par l’espèce introduite Ruditapes philippinarum) dans le Bassin d’Arcachon.

Téléchargez les rapports des campagnes d'évaluation du stock de palourdes du Bassin d'Arcachon :

application/pdf Rapport palourde 2001

application/pdf Rapport palourde 2003

application/pdf Rapport palourde 2006

application/pdf Rapport palourde 2008

application/pdf Rapport palourde 2010

Rappelons, pour les plaisanciers, que seules les palourdes de plus de 40 mm de long peuvent être ramassées dans le Bassin d'Arcachon, dans la limite de 3 litres par personnes et de 10 litres par embarcation. D'autre part, il est conseillé de fréquenter les herbiers qui les abritent en se chaussant de "patins", afin de ne pas abîmer les zostères. Enfin, il est recommandé de laisser dégorger les palourdes pendant plusieurs heures dans de l'eau de mer avant de les consommer.

 

2) Les moules

Les moules (Mytilus edulis et Mytilus galloprovincialis) se développent en bancs dans les chenaux ou sur les substrats durs (pignots, jetées), plutôt dans la zone ouest de la Baie. Dans les chenaux, ces gisements sont pêchés à l'aide de dragues à coquilles. La culture des moules est interdite dans le Bassin, afin d'éviter qu'elles rentrent en compétition avec les huîtres. Par contre, depuis quelques années, les naissains de moules sont captés sur des cordes enroulées autour de cadres, dans un site intertidal de la côte noroit. Ces cordes sont ensuite expédiées dans les sites français de production de moules.

 

Naissains de moules sur cordes enroulées

 

3) Les coques

Les principaux gisements de coques (Cerastoderma edule) se trouvent sur le banc d'Arguin, à l'entrée du Bassin. Dans cette zone, leur croissance est très rapide, puisqu'elles ne mettent qu'un an à un an et demi pour atteindre leur taille commerciale (30 mm). Par contre, ces populations sont très fluctuantes, en raison de vagues de mortalités dues aux déplacements des bancs de sable et/ou aux parasitoses. Pour cette raison, les tonnages exploités sont très variables selon les années. Les coques sont pêchées à l'aide de râteaux à coquillages.

Coques en stock

 

4) Les seiches

Les seiches (Sepia officinalis) adultes (1 à 2 ans) pénètrent dans le Bassin (migration de reproduction) de fin février à début mars et déposent leurs oeufs autour des feuilles de zostères de mars à juin. Les jeunes appelés localement "casserons", apparaissent en juin-juillet, se développent jusqu'en octobre dans le Bassin, puis gagnent les eaux plus profondes et plus chaudes de l'océan. Des immatures pénètrent aussi dans le Bassin, en juin, pour venir y effectuer leur croissance. Les captures de Seiches à l'intérieur du Bassin sont importantes et ont augmenté au cours des dernières années à la fois à cause de l'utilisation d'une nouvelle technique de pêche (utilisation de filets tramails) qui s'avère beaucoup plus efficace que les anciennes méthodes (chalut, cages), et, semble-t'il, d'un accroissement des stocks de cette espèce sur l'ensemble des côtes atlantiques françaises. Les quantités pêchées dans le Bassin semblent relativement élevées, en particulier si l'on considère que cette pêche intervient sur une frayère.

 

  • Crustacés

Les crustacés exploités dans le Bassin sont les crabes et les crevettes.

1) Le crabe vert

Espèce la plus pêchée dans le Bassin au début des années 1980 (Thimel, 1990), avec environ 400 tonnes prélevés par an, elle est beaucoup moins exploité à l'heure actuelle, non pas faute de crabes mais faute… de pêcheurs (une seule entreprise exploite à présent cette espèce). La pêche du crabe vert est réalisée à l'aide de casiers dans lesquels les pêcheurs mettent de l'appât.

Crabes verts (Carcinus maenas)

 

2) Les crevettes

Trois espèces de crevettes "roses" sont exploitées dans le Bassin : Palaemon serratus (appelée "santé " ou "bouquet"), Palaemon elegans (appelée "ronde") et Palaemon adspersus. Leur pêche est autorisée entre novembre et février de l'année suivante, dans certains herbiers à grandes zostères (Zostera marina) en bordure des chenaux, à l'aide de filières de 500 mètres portant une centaine de "balais" (faisceaux de tiges de genêts rassemblés et lestés à leur base). Ces "balais" où se réfugient les crevettes sont relevés à marée basse depuis une embarcation et secoués du dessus d'un filet à armature circulaire. Il s'agit d'une pêche particulièrement sélective.

Palaemon sp.

 

  • Poissons

Les poissons sont capturés à l'aide de différents engins : jagudes et trémails (filets droits à trois nappes), loups (filets droits à une nappe) et très accessoirement la courtine (ou palet) et la senne. Par ailleurs, quelques pêcheurs utilisent la palangre (surtout pour la raie) et le tamis (pour les civelles). Les poissons les plus pêchés dans le Bassin sont :

1) Les mulets (plusieurs espèces dont le mulet doré (Liza aurata), le mulet porc (Liza ramada) et le mulet sauteur (Liza saliens).

2) L'anguille (Anguilla anguilla), qui arrive dans le Bassin au stade de "civelle".

Civelle (Anguilla anguilla)

3) La dorade royale (Sparus aurata).

Sparus aurata

4) Le bar commun (Dicentrarchus labrax), dont les jeunes individus sont appelés "loubines".

5) Les soles dont la sole commune (Solea solea) et la sole du Sénégal (Solea senegalensis).

6) Les raies, notamment la raie douce (Raja montagui), la raie bouclée et la raie brunette (Raja undulata). Notons que les torpilles marbrées (Torpedo marmorata), qui appartiennent au même groupe que les raies, sont également abondantes dans le Bassin mais n'y sont pas exploitées.

7) Une autre espèce fait l'objet d'une pêche saisonnière, assez typique du Bassin. Le rouget-barbet (Mullus barbatus), qui fréquente les herbiers de Zostera marina quand il pénètre dans le Bassin à l'état de juvénile (3 à 4 cm) en juin-juillet, est capturé au filet quand il atteint environ de 10 à 15 cm, en octobre, lorsqu'il retourne vers l'océan. Les pêcheurs le désignent du nom de "vendangeur".

Mullus barbatus

Hormis ces espèces principales exploitées par les pêcheurs professionnels, certains poissons font l'objet d'une pêche récréative assez assidue :

8) L'atherine, ou "trogue" (Atherina presbyter), appelé à tort "éperlan".

9) Le baliste (Balistes capriscus), espèce connue depuis longtemps dans le Bassin (première signalisation en 1897), mais dont les abondances se sont élevées depuis les années 1980.

Balistes capriscus

10) La dorade grise ou griset (Spondyliosoma cantharus)

11) Le coustut (Trachurus trachurus).

 

 

Enfin, quelques espèces de poissons rares ont été récemment signalées dans le Bassin :

En 2003, un poisson lune (Mola mola) d'environ 1 m de longueur a été capturé dans le Bassin.

En 1998, 2003 et 2004, des lompes (Cyclopterus lumpus) ont été capturés dans le Bassin.

Cyclopterus lumpus

 

  • Vers

Plusieurs espèces d'annélides polychètes sont exploitées dans le Bassin (ramassage manuel) pour être utilisées comme appâts pour la pêche. Il s'agit principalement de la pistiche (Marphysa belii et Marphysa sanguinea), du ver à tube (Diopatra neapolitana) et de l'Arénicole (Arenicola marina).