Vie sexuelle de l'huître creuse

Vie amoureuse de la Japonaise ...

L'huître creuse japonaise Crassostrea gigas, élevée sur nos côtes depuis les années 70, est, contrairement à la moule, hermaphrodite. L'huître peut ainsi changer de sexe soit au cours d'une même saison de reproduction (rarement), soit au cours de saisons consécutives, mais ce n'est pas obligatoire. En dehors de la saison de reproduction, on ne peut déterminer son sexe, la gonade étant au repos. C'est à partir du printemps que les cellules sexuelles commencent à être fabriquées. La gonade devient blanchâtre et contient alors, selon les individus, des ovules ou des spermatozoïdes. On ne sait pas précisément ce qui détermine l'évolution d'une huître en mâle ou en femelle mais l'on sait que plus elle vieillit, plus elle a des chances d'être femelle. C'est pourquoi dans une population d'huîtres âgées de 1 an, on trouve en moyenne 30 à 40 % de femelles (et 60 à 70 % de mâles), dans une population d'huîtres âgées de 2 ans, 50 à 60 % de femelles tandis que dans une population plus âgée, jusqu'à 80 ou 90 % de femelles peuvent être observées.

Une même huître fraie plusieurs fois pendant la saison de reproduction. Cette saison s'étend tout l'été, des mois de juin à septembre, les pontes les plus importantes survenant en général au cours du mois de juillet. Entre les différents frais, l'huître reconstitue des produits sexuels. Lorsqu'elles pondent, les femelles expulsent les ovules (plusieurs millions) en effectuant des battements des valves tandis que les mâles laissent échapper les spermatozoïdes comme un mince filet continu, en entrouvrant leurs valves.

La fécondation a lieu dans l'eau et après 24 heures, une petite larve d'huître, la larve D car elle a la forme de cette lettre, est formée. Elle présente une coquille avec deux valves et une charnière ainsi qu'un velum, sorte de voile cilié, qu'elle déploie hors de sa coquille lorsqu'elle nage et qui lui sert à capter sa nourriture (algues microscopiques).

La vie nageuse de la larve appelée véligère dure une vingtaine de jours pendant lesquels elle grandit et subit des transformations. Un crochet, ou umbo, se forme sur la charnière de la coquille. Une terminologie particulière, basée sur la taille des larves, est employée à l'usage des ostréiculteurs :

  • Larve petite : de la larve D jusqu'à la taille de 100 µm;
  • Larve évoluée : taille comprise entre 100 et 160 µm.
  • Larve moyenne : taille comprise entre 160 et 235 µm.
  • Larve grosse : taille supérieure à 235 µm.

Quand elle approche du moment de la fixation, la larve devient œillée, c'est à dire qu'une tache sombre, appelée improprement œil, apparaît. Il s'agit d'un organe sensoriel. Un pied se développe, à côté du velum cilié, qui va lui permettre de ramper sur le support qu'elle va choisir pour se fixer. On la nomme alors pédivéligère. Elle mesure environ 300 µm. C'est le moment où le captage commence. La larve peut faire plusieurs tentatives avant de choisir un support définitif. Sur les millions de larves D formées, seule une faible proportion arrivera à ce stade.

Une fois fixée, la larve subit de nombreuses transformations : le velum disparaît, le pied sécrète un ciment qui va assurer sa fixation définitive (ce pied disparaîtra par la suite), une nouvelle coquille se forme, les branchies apparaissent… : c'est la métamorphose. La larve est devenue un naissain, semblable à l'huître adulte.

Télécharger le rapport d'étude de la reproduction de l'huître creuse dans le Bassin d'Arcachon. application/pdf Rapport SURGIBA