Année 2006

Météorologie et hydrologie

En 2006, la température de l'eau a été très basse en janvier-février et élevée en juillet et en automne dans tous les sites. Des températures particulièrement froides ont été mesurées, en décembre, dans le fond du Bassin. La salinité a été plus faible que la normale en mars-avril, en raison des forts débits de l'Eyre en mars (cf figure suivante) associés à des précipitations particulièrement abondantes en février-mars. Pendant presque toute la seconde partie de l'année (sauf octobre), les salinités ont au contraire été élevées par rapport à la normale (faible débit des cours d'eau). Les teneurs en MES ont été très faibles à l'entrée de la Baie jusqu'en mai-juin et normale par la suite. A l'intérieur du Bassin, les concentrations en MES ont été élevées au mois de mars, en raison à la fois d'un long épisode de vents de sud-ouest et d'ouest et de l'apport par les cours d'eau.

Les teneurs en nitrate dans les eaux du Bassin ont été particulièrement élevées par rapport à la normale en mars-avril et en septembre-octobre, phénomène bien expliqué par les
variations des apports en ce nutriment par l'Eyre. A partir du mois de mars, les teneurs en ammonium ont été élevées par rapport à la moyenne, phénomène particulièrement marqué dans les stations du fond de la Baie ("Jacquets" et "Comprian"). Or, le flux d'ammonium apporté par l'Eyre (principal cours d'eau pourvoyeur d'azote inorganique pour le Bassin) n'a pas été plus élevé qu'au cours des années précédentes. Donc, la présence de cet ammonium "supplémentaire" traduit soit une augmentation des apports internes (plus fort relargage à partir des sédiments, reminéralisation d'un stock plus important de matière organique), soit une diminution de la consommation par les végétaux. On peut proposer une explication à ce phénomène. En effet, entre l'automne 2005 et le printemps 2006, les abondances d'oies bernaches hivernantes ont été particulièrement élevées dans le Bassin. Par ailleurs, la population de cygnes dénombrés à cette même époque était importante. Or, ces deux espèces se nourrissent des petites zostères, phanérogame marine dont les herbiers sont très étendus sur le Bassin d'Arcachon. Les herbiers de zostères semblent avoir été fortement affectés par une consommation plus importante que d'habitude ; au début du printemps, les biomasses de zostères étaient, selon plusieurs observateurs, particulièrement faibles. Les zostères (et les microalgues qui se développent sur leurs feuilles) consomment à la fois les nutriments présents dans la colonne d'eau et ceux qui se trouvent dans les sédiments. Cette chute de biomasse pourrait donc expliquer les fortes teneurs en ammonium mesurées à partir de mars 2006, en raison d'une diminution de son absorption par les zostères.

En 2006, les teneurs en phosphate ont été basses par rapport aux normales en janvier-février, sans doute en raison du faible débit des cours d'eau, et de mai à juillet dans les stations internes, peut être en raison des fortes biomasses phytoplanctoniques. Pour la chlorophylle a, des situations assez différentes ont été observées selon la localisation des stations dans la Baie

  • A l'entrée du bassin (Bouée 11-Bouée 13), le bloom phytoplanctonique printanier a été quasi inexistant (floraison très sporadique d'Asterionellopsis glacialis au début du mois de février), à l'instar de ce qui avait été observé en 2004 et 2005. Les teneurs en chlorophylle a ont présenté des valeurs assez élevées en juin, du fait d'un bloom important de Rhizosolenia fragilissima. Le bloom automnal (fortement dominé par Asterionellopsis glacialis) a été bien marqué, permettant d'atteindre, en novembre, des teneurs en chlorophylle supérieures à la normale
  • Au fond de la Baie, les teneurs en chlorophylle se sont brutalement élevées au mois de mars (valeurs supérieures à la normale), du fait de très fortes teneurs mesurées à basse mer, situation de marée pour laquelle on ne dispose pas de dénombrements phytoplanctoniques. Par la suite, les concentrations en chlorophylle sont restées plus élevées que la normale, sauf en août et en novembre (valeurs normales). Des blooms importants d'espèces différentes se sont succédés entre mai et juillet. On peut remarquer que ces fortes teneurs en chlorophylle a au fond du Bassin coïncident avec les concentrations élevées en ammonium mesurées à partir de mars 2006.