Lancement du projet ANR "Congolobe"

Le projet ANR Congolobe qui a démarré le 1er décembre 2011 pour une durée de 4 ans associe des laboratoires du LSCE, de l’Ifremer (Etude des écosystèmes profonds et géosciences marines) et de l’UPMC.

Il a pour principal objectif l’étude des écosystèmes profonds des lobes terminaux de l’éventail sous-marin du Congo qui constitue un « hot spot » dans la région, et au niveau de l’océan mondial du fait des apports considérables de matériel d’origine terrigène à très grande profondeur (5000m). Notre projet vise à faire le lien entre la nature et la magnitude des apports de matière organique en provenance du fleuve Congo et les écosystèmes benthiques de la zone terminale du canyon. Ces derniers semblent caractérisés par une forte hétérogénéité spatiale avec notamment des communautés proches de celles, basées sur la chimiosynthèse bactérienne, associées aux pockmarks de la région.

Dans ce contexte, les processus géologiques, géochimiques et microbiologiques à l’origine des environnements réducteurs qui favorisent le développement de tels écosystèmes sont inconnus. Ils seront étudiés par une approche multidisciplinaire intégrant différentes échelles spatiales le devenir des apports organiques du Congo comme source directe ou indirecte pour leur métabolisme sera quantifié.

Le projet Congolobe repose sur deux campagnes : la campagne WACS (février 2011) a servi d’exploration et de premier échantillonnage sur la zone des Lobes et la campagne Congolobe qui s’est déroulée du 12/12/2011 au 10/01/2012 à bord du N/O Pourquoi pas ? et avec le ROV Victor. Une quinzaine de chercheurs, ingénieurs et techniciens d’Ifremer, représentant les différentes disciplines ont participé activement à la réussite de cette campagne. Au total 5 sites ont été explorés à des profondeurs comprises entre 4700 et 5000m ; trois sont situés le long de l’axe principal du lobe actuellement actif, le quatrième sur un lobe à priori plus alimenté depuis plusieurs décennies et enfin, le dernier sur un lobe déconnecté depuis plusieurs millénaires. Ce dernier servira à déterminer la persistance des assemblages biologiques et l’influence à long terme des apports du chenal.

Des plongées avec le module de mesure en route du Victor ont permis de dresser des cartes de microbathymétrie, puis des mosaïques d’images du fond permettant de comprendre le lien entre les observations biologiques de surface et la géomorphologie, et de choisir les cibles d’échantillonnage. D’autres données analysées en post-traitement, comme l’imagerie acoustique, permettront de mieux comprendre les liens entre processus sédimentaires et biologiques. Outre les équipements de prélèvement et de mesure classiquement mis en œuvre par Victor, des mesures in situ ont été réalisées avec des outils plus récemment développés à l’Ifremer, tels le microprofileur ou la chambre benthique Calmar déployés avec succès malgré la profondeur exceptionnelle et le sédiment extrêmement meuble. Les carottages multitubes et Calypso permettront d’analyser les processus et gradients géochimiques et microbiologiques en profondeur dans les sédiments. Le déploiement du respiromètre autonome, la récupération de mouillages de pièges à particules et courantomètres déployés pendant la campagne WACS l’année précédente permettront d’estimer les flux de carbone et autres éléments, et leur variabilité intra-annuelle.