La remontée

16h30 : Voilà presque 6 heures que nous sommes au fond. Le temps est passé extraordinairement vite. Néanmoins, la fatigue commence à gagner l'équipage et le Nautile a besoin de refaire le plein d'énergie. En surface, on est d'ailleurs impatient de pouvoir analyser toutes les données collectées.
Il faut remonter. L'Atalante annonce que tout va bien là-haut : la météo est toujours bonne, on est prêt à récupérer l'engin, pas de navire à la verticale (faible probabilité d'accident, mais ...).
D'un geste, Jean Paul largue le reste de lest, pas loin de 350 kilos. Le sous-marin s'élève et le fond disparaît rapidement dans le noir. A 30 m d'altitude, Guy éteint les projecteurs.
Pour Hélène, c'est le moment des interrogations : les prélèvements feront-ils le bonheur de ses collègues ? quand pourra-t-elle retourner dans ce monde fascinant ?
La remontée va durer un peu mois d'une heure. Le temps, enfin, de se restaurer. Sans oublier de procéder au rangement de la sphère.
17h30 : Les hublots ne sont plus totalement obscurs. Nous sommes à 150 m de la surface.

Et c'est l'arrivée en surface. L'Atalante a localisé le sous-marin, et mis à l'eau le zodiac des plongeurs. La mer est calme, et pourtant la sphère roule et tangue. Finie la tranquillité des profondeurs. Les plongeurs s'affairent autour du sous-marin. Un câble relie désormais le Nautile et son navire support. Celui-ci se présente par l'arrière, bout au vent. Le treuil est lancé, le câble se tend, le Nautile est attiré vers le navire. L'hélice de celui-ci se rapproche dangereusement. Mais à la verticale du portique, le Nautile est tiré vers le haut, sort de l'eau, et se retrouve sur la plage arrière de l'Atalante.

A l'intérieur, la température est montée. L'eau de condensation ruisselle sur les hublots et la sphère. Vivement la sortie !

17h50 : Le Nautile repose sur son berceau. Quelques minutes encore de patience, le temps de sécher complètement le dessus du panneau. Un léger bruit, comme un ballon qui se dégonfle : c'est le panneau que l'on ouvre (nous étions en légère surpression). Puis, tout de suite, on est envahi par les bruits du navire.

Hélène, Jean Paul et Guy peuvent enfin s'extraire du Nautile et se dégourdir les membres après 9 heures passées à 3 dans leur prison de titane de 4 m3.

Tout le monde se précipite pour voir le contenu du panier. Quelle est la récolte du jour ? Des morceaux de sulfures métalliques, des moules, ...

Un nouveau ballet va commencer : rinçage à l'eau douce, récupération des pellicules et des cassettes vidéo, mise en charge des batteries, assèchement et ventilation de la sphère, inspection du câblage, interventions de maintenance, plein d'oxygène, air comprimé, chaux sodée, montage des équipements pour la prochaine campagne, réapprovisionnement du stock de cassettes, etc.

Au matin, le Nautile est prêt pour une nouvelle plongée ...

Mais les scientifiques, Hélène et tous ses collègues, ont du travail pour des mois avant d'avoir analysé tous les échantillons, données et photos remontés.