La mise à l'eau

Nous sommes sur le navire L'Atalante de l'Ifremer en plein Atlantique, au Sud Ouest des Açores. Plus précisément par 33°5 Nord et 36°1 Ouest, à la verticale de la dorsale atlantique, donc à peu près à égale distance de l'Amérique et de l'Afrique.

Le Nautile est à bord. Une vingtaine de scientifiques ont embarqué il y a 10 jours à Ponta Delgada aux Açores. Cette campagne a pour objectif la localisation de nouvelles sources hydrothermales, et l'étude des extraordinaires communautés animales qui vivent autour.

La zone de plongée a été cartographiée en détail par sonar multifaisceaux lors de précédentes campagnes. Les cartes bathymétriques ont été complétées par des images acoustiques du SAR remorqué près du fond. L'analyse de la topographie, les dragages réalisés, les anomalies chimiques dans les bouteilles d'eau prélevées à partir du bateau, tout semble indiquer la présence de sources hydrothermales dans cette zone. Reste à les découvrir. Pour l'instant, les plongées ont été vaines.

Aujourd'hui, c'est Hélène Ondréas, géologue à l'Ifremer, qui sera la scientifique embarquée à bord du Nautile.

Pour cette plongée, outre Hélène, l'équipage est constitué de Jean Paul Justiniano, pilote, et Guy Leclere, copilote.

Nous allons les accompagner tout au long de leur plongée.

Notre équipage : Guy, Hélène et Jean Paul

L'Atalante est au point fixe. La mer est calme et le Nautile peut plonger (on ne mettrait pas à l'eau le sous-marin par des creux de plus de 3 mètres et un vent supérieur à 25 noeuds).

Au petit matin, dans le hangar du Nautile, le rituel dalises de positionnement au fond répondent bien, le navire est arrivé sur zone de largage, tous les contrôles sont OK, les ce préparation de la plongée a commencé : le matériel scientifique est mis en place, la check-list est égrenée, les bombinaisons ignifugées (en cas d'incendie) sont enfilées.

8h45 : Le copilote, Guy, pénètre le premier dans le submersible ; il s'installe sur le siège central ; il est suivi par Hélène qui s'allonge sur la couchette tribord (à droite) ; enfin, Jean Paul, le pilote, prend place à bord. Il a la responsabilité de fermer le panneau après l'avoir nettoyé avec le plus grand soin.

Monté sur des rails, le berceau porteur du Nautile s'ébranle. Il est tiré sous le portique arrière du navire. Un plongeur juché sur l'engin guide l'extrémité d'un gros câble nylon (10 cm de diamètre), jusqu'au point d'amarrage. Les 4 bras du berceau s'écartent, et le Nautile s'élève d'un mètre cinquante. Le portique arrière se redresse, puis s'incline vers l'arrière du bateau au dessus de la mer. Le treuil libère quelques mètres de câble et le Nautile s'enfonce dans son élément. En un instant, l'eau a envahi les hublots. Et tout près, impressionnantes, les hélices de l'Atalante tournent à faible régime.

9h20 : Le plongeur, toujours debout sur la coque, peut larguer le câble. Sous l'eau, deux autres plongeurs effectuent divers contrôles et rendent compte au pilote, à travers le hublot, que tout est OK. Un zodiac récupère les 3 hommes.

Dans la sphère, dernières vérifications : l'isolation électrique est bonne, le téléphone fonctionne, tout est paré : autorisation de plonger !

"Ok, de Nautile à Atalante : nous plongeons"