La découverte

Dans la pénombre, Hélène et Jean Paul découvrent une série de hautes silhouettes. On s'approche, les contours se précisent, la visibilité s'améliore.

Il s'agit bien d'un site hydrothermal actif. Il comporte quatre grandes structures alignés le long d'un éperon de lave.

L'une d'elle, de 3 mètres de haut, évoque un totem indien. Sa surface est de la couleur ocre caractéristique des dépôts de sulfure polymétallique.

Et presque au centre se dresse un véritable fumeur noir : un panache noirâtre de fluide hydrothermal en sort à haute température, et se dilue dans la nuit. C'est lui qui a guidé le sous-marin.

Visionner la vidéo de la découverte de fumeurs noirs

Tout de suite Jean Paul déploie le bras du Nautile et va prendre la température du fluide qui s'échappe : 340°. Ne pas trop s'en approcher.

Pour ramener ce fluide en surface et pouvoir l'analyser, il faut des bouteilles et un "multipréleveur sous pression". Or pour cette plongée, ce matériel n'a pas été embarqué avec le Nautile. Qu'à cela ne tienne ! On demande à l'Atalante de nous larguer une "navette". Sorte d'ascenseur, elle permet de suppléer à la capacité limitée (200 kg) d'emport du Nautile. Pour disposer d'un équipement exceptionnel ou effectuer plus de prélèvements, on fait donc appel à elle. Un répondeur acoustique permet de la repérer quand elle atteint le fond (ou la surface).

Accord de L'Atalante. Mise à l'eau. Atterrissage annoncé dans 35 minutes. Repérage au sonar. Bien visé ! Elle est à 50 mètres de l'endroit attendu.

Pour guider la mise en place par le bras télémanipulateur du dispositif de prélèvement du fluide (dans des bouteilles en titane), on aimerait s'approcher tout prêt de la cheminée. Mais la haute température risque d'endommager les hublots en Plexiglas. On reste donc prudemment à 1,5 mètre de la cheminée. Les bouteilles sont remplies une à une et déposées dans la navette. Quand l'opération est terminée, une télécommande par ultrasons donne le signal de largage du lest de la navette. Une heure plus tard, les bouteilles et le matériel de prélèvement sont de retour en surface.

Grâce à l'habilité du pilote, des morceaux de sulfures métalliques sont détachés et rangés dans le panier du Nautile. Parfois, il faut complètement immobilisé le sous-marin ; pour cela, Jean Paul utilise le second bras (celui de droite) pour s'arrimer à un rocher.

Photo prise dans le Pacifique pendant la campagne Hydronaut 1987 (qui a servi de modèle pour cette plongée)

La faune visible à l'oeil nu est surtout constituée de bivalves (moules) au sein desquelles évoluentdes crabes et des crevettes. Mais la faune invisible intéresse tout autant nos chercheurs.

Pendant 3 heures, les observations et les prélèvements s'enchaînent autour des fumeurs.

Au total, on aura parcouru près de 4 kilomètres en un peu moins de 6 heures passées sur le fond.

La surface nous rappelle qu'il est temps de remonter