la vie à bord

 
Vue panoramique de l'intérieur

Volume

La sphère offre un volume de cinq mètres cubes dont un est réservé aux étagères d'électronique, aux couchettes et au siège. Il reste 4 m3 pour 3 personnes.

Ce type de submersible est ainsi un des lieux de travail les plus inconfortables que l'homme ait pu imaginer. Un américain, Wesley Blair, a comparé les volumes offerts par différents habitats artificiels. Par ordre de volume croissant, il signale le bathyscaphe Trieste, un cercueil ordinaire, le sous-marin Alvin, la capsule Apollo, les sous-marins nucléaires et une cellule de prison. Le Nautile se situerait entre Alvin et Apollo.

Aménageons ce faible volume. Assis, debout, couché ou à genoux ? Comment installer pilote, observateur et copilote ? La solution retenue : les 2 premiers sont couchés et le copilote assis derrière et au milieu.


La charpente de la sphère supportant l'équipement intérieur

Respiration

Quatre mètres cubes d'air : ce faible volume ne restera pas respirable longtemps. La proportion d'oxygène peut varier entre 17 et 23 %, idéalement 21 %, et la teneur en dioxyde de carbone ne doit pas dépasser 1 %. C'est le copilote qui s'occupe de contrôler les teneurs. Il les surveille avec un oxygènomètre et un carbonimètre.

L' oxygène provient de deux réserves, l'une située à l'intérieur de la sphère pour la mission normale, et l'autre à l'extérieur pour la période de survie.

De la chaux sodée fixe le gaz carbonique. Fournie en granulés, elle peut être disposée dans un cylindre fermé de fines grilles. Un petit ventilateur y force l'air de la sphère. Le granulé est périodiquement renouvelé. Il peut aussi bien être répandu sur le plancher du sous-marin : économie d'électricité et meilleur rendement.

Un autre produit serait intéressant, le bioxyde de potassium. Il réagit chimiquement avec l'eau pour fournir de l'oxygène et de la potasse, qui elle, fixe le gaz carbonique : assèchement, purification, régénération, trois actions en un produit.

Le mercure est formellement proscrit ; quelques centigrammes vaporisés dans notre sphère pourraient marquer à vie la santé de l'équipage.

Température et hydrométrie

Sauf en Méditerranée, le Nautile travaille quasi exclusivement dans des eaux froides, le plus souvent à 2°C. La conductibilité thermique du titane est bonne. Le volant thermique de la sphère est faible et l'équilibre se situe autour de 10°C, grâce à la chaleur humaine et au dégagement thermique des équipements.

La peau intérieure de la sphère est une surface de condensation pour la vapeur d'eau renouvelée par la respiration de l'équipage. C'est en fait un conditionneur d'air presque trop efficace qui maintient l'hydrométrie aux environs de 45 %.

En cas de séjour forcé d'une centaine d'heures, nos sous-mariniers auront froid, mais pourront patienter grâce aux vêtements et aux couvertures de survie. Pour huit à dix heures, une combinaison et un gros pull suffisent.