Victor 6000 : le véhicule proprement dit

Il n’y a pas de sphère, mais pour le reste on va retrouver tout ce qu’il y a sur un sous-marin : une charpente, un flotteur, des équipements.

Vu globalement, l’engin est pourtant différent. C’est un gros cube ou l’agencement des différents constituants est pensé en terme de réponse à la fonction attendue et à une maintenance aisée, et non en terme d’hydrodynamisme. Bien sûr, il n’y a plus de hublot pour la vision, qui oblige à regrouper tout ce qui est à voir et manipuler sur l’avant. Les caméras peuvent voir partout, elles, et il n’y aurait à la limite pas d’avant et d’arrière.

Il n’y a plus de peau en stratifié (CVR) pour habiller l’ensemble et cacher toute la "tripaille", ce qui fait dire à certains "que c’est laid !" , et à d’autres "quelle démonstration de technologie ! ". Exit la recherche d’un bon Cx ou d’un bon Cz, on a de l’énergie à revendre, et on a six moteurs électriques puissants qui permettent de manœuvrer ce cube à volonté. Reste le risque d’accrochage : on met donc des caméras partout ! (jusqu’à huit). Le flotteur est en haut pour la stabilité comme toujours. Tout est accroché à une charpente, et elle est en aluminium pour le poids.

Le Victor 6000 est un engin modulaire. Il y a deux sous-ensembles bien particuliers :

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le véhicule lui-même qui comprend tous les équipements nécessaires aux fonctions de service de l’engin (propulsion, vidéo, éclairage, télémanipulation, navigation, ...)

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le module scientifique, structure placée au-dessous et dans laquelle est installée la majeure partie des équipements scientifiques nécessaires à la mission.

Cet agencement permet d’avoir des modules dédiés parfaitement configurés simplifiant la mise en œuvre.

Les différents équipements sont la plupart du temps analogues ou les mêmes que sur le Nautile (vidéo, éclairage, propulsion, navigation). Des enceintes en titane protègent les composants électroniques sensibles. Le bras télémanipulateur principal est "maître-esclave", c'est-à-dire qu’il reproduit au fond les mouvements du "maître" dans le poste de contrôle. C’est nécessaire pour avoir une grande dextérité, difficile à obtenir sans homme et sans vision 3D au fond. C’est ce qui se fait de mieux dans ce domaine, avec des mouvements programmés à l’avance pour sortir les outils, les stocker, pour gagner du temps et de la sécurité.

On a aussi un calculateur pour le contrôle commande et une télétransmission optique pour traiter les signaux qui transitent via le câble, et des transformateurs pour convertir la tension élevée qui passe dans le câble en différentes tensions utilisables pour les équipements (220 volts ou 28 volts).