Présentation du Victor 6000

La filière des véhicules inhabités Ifremer (Robin 1986, Scampi 1987) a connu une évolution majeure avec la mise en service du véhicule télé opéré Victor 6000. En effet, notre parc inhabité, développé autour des années 85, reposait sur l’utilisation des liaisons par câble coaxial, tandis que le Victor utilise un câble à fibres optiques bien plus performant en capacité de transmission.

La décision de construire le système télé opéré par câble Victor a été prise en 1992 pour venir compléter les sous-marins habités pour les opérations à finalité scientifiques de longue durée et/ou routinières.

Sa genèse

Avant le projet Victor 6000, les scientifiques de l’Ifremer et de la communauté nationale n’avaient pas une réelle connaissance sur ce type d’engin téléopéré et sur ce qu’ils pouvaient espérer réaliser avec. Par contre les ingénieurs travaillant dans l’intervention sous-marine étaient informés sur ce qui se faisait dans le milieu industriel et sur les projets de ROV (Remotely Operated Vehicles) scientifiques en cours de développement à l’étranger (USA et Japon).

Au cours des années 1990 et 1991, des rencontres entre scientifiques et ingénieurs ont permis de définir les travaux que le futur ROV devrait réaliser.

Il en est ressorti que les scientifiques avaient avant tout besoin d’un engin adapté à l’exploration à l’échelle de la dizaine de kilomètres bien équipé en imagerie optique (photo et vidéo). Parallèlement à ce besoin primordial, ils souhaitaient aussi que le futur engin puisse travailler sur site et ait la capacité de réaliser des mesures physico-chimiques, des prélèvements et de l’imagerie acoustique.

Le Victor devrait opérer le long de profils linéaires effectués à des vitesses très faibles (entre 0,5 et 1 nœud) en fonction des conditions du relief sous-marin.

Il devrait disposer d’une faculté d’évolution importante grâce
- à une capacité d’emport de 150 kg dans l’eau,
- à ses interfaces mécaniques, électriques, hydrauliques,
- à la mise en place de modules dédiés adaptés aux diverses missions scientifiques.

En parallèle, des outils devraient être développés pour le traitement des données et pour un positionnement précis et fiable.

En 1992 et 1993, des missions ont permis à des scientifiques et des ingénieurs d’aller voir les ROV scientifiques étrangers déjà utilisés, ce qui a permis de poursuivre la réflexion et d’aboutir au choix d’un certain nombre d’outils devant équiper le futur ROV.

Le schéma ci-contre illustre la prouesse réalisée pour la conduite d'un tel engin : imaginez-vous pilotant depuis le sommet de la tour Eiffel, un modèle réduit d'automobile roulant sur les quais de la Seine ; le véhicule est télécommandé par un (long) câble ; multipliez le tout par 20 ; et faites l'exercice par nuit noire ...!