Campagne Kaïko

Exploration des grandes fosses japonaises

Kaïko signifie fosse en japonais. Cette expédition menée en 1985 par une équipe franco-japonaise, a exploré pendant deux mois les grandes fosses qui entourent le Japon. A cette occasion, le submersible Nautile, tout juste opérationnel, a plongé pour la première fois à 6 000 mètres.

L'objectif de la mission Kaïko était d'aller vérifier le phénomène de subduction qui fait disparaître la plaque océanique Pacifique sous la plaque continentale du Japon, phénomène qui est la source de nombreux séismes.

Des millions de japonais vivent dans la hantise d'un tremblement de terre comme celui qui atteignit en 1854 la préfecture de Shizuoka, au pied du Fuji-Yama, avec la magnitude de 8,4 sur l'échelle de Ritcher.

C'est donc au large de cette zone, dans des fosses de 5-6000 mètres, que se portèrent les recherches. A cet endroit, la plaque Pacifique plonge à la vitesse moyenne de 10 centimètres par an. Depuis les 100 millions d'années que dure ce phénomène, cela représente 10.000 kilomètres ! Le bord du continent asiatique y est donc profondément comprimé, plissé, déformé par ces mouvements.


Ifremer / Kaïko


Ifremer / Kaïko

Le programme fut dirigé conjointement par le français X. Le Pichon et le japonais K. Kobayashi. La campagne fut un grand succès et les données recueillies d'une extrême importance.

En effet, 27 plongées ont permis aux équipes scientifiques d'observer et cartographier la géologie des fosses, d'échantillonner les roches, les sédiments, les fluides et les faunes, de mesurer les températures, la gravité, ainsi que l'intensité des secousses sismiques ou les moindres changements dans la topographie des fonds sous-marins.


Inclinomètre cimenté sur le sommet du mont sous-marin ERIMO
Ifremer / Kaïko / Cadet

D'un point de vue scientifique, Kaïko démontre, entre autres, l'importance des glissements massifs et des avalanches de sédiments sur le bord continental des fosses. Le mécanisme de la subduction, en particulier la "lubrification" par des boues gorgées d'eau, du plan de contact entre les 2 plaques, a été mis en évidence. Et autour des sources hydrothermales étudiées, de nouvelles communautés abyssales profondes ont été découvertes.

Le programme Kaïko s'est terminé par une conférence scientifique internationale en novembre 1986 au Japon. Et la coopération franco-japonaise se poursuit encore ...