Les sulfures hydrothermaux

La formation d'amas sulfurés est une conséquence de l'activité hydrothermale sous-marine. Or ces formations constituent le principal mécanisme de concentration des métaux à la surface de la terre. Par exemple, 30 % des ressources en argent exploitées en surface ont pour origine des amas sulfurés fossiles formés sous la mer au cours des temps géologiques.

Les minéralisations hydrothermales présentent une grande variété de composition : cuivre, zinc, or, argent, cobalt, plomb, baryum, cadmium, antimoine, mercure, ... Tout dépend de la croûte océanique traversée par les eaux avant d'émerger sous forme de sources hydrothermales. Selon le contexte (volcanique, sédimentaire, continental, ...) et la localisation (fosse océanique, dorsale, plaine, ...), les métaux sont différents. On relève par exemple plutôt du chrome dans les fosses océaniques, alors que l'on trouve du cuivre, du zinc, de l'argent, de l'or et du cobalt sur la dorsale océanique.

On estime que la dimension et la richesse des dépôts actuellement connus en mer sont équivalentes à celles des mines exploitées à terre.

L''étude de l'hydrothermalisme, d'abord menée comme une recherche fondamentale sur les dorsales, conduit maintenant à une recherche appliquée sur la détection et l'évaluation de ressources minérales. C'est ainsi que l'Ifremer se trouve sollicité pour :
- sa connaissance des contextes géologiques favorables à la formation de ces minéralisations,
- la détection des sites hydrothermaux les plus prometteurs,
- l'examen de l'étendue et de la composition des dépôts découverts
- ses capacités technologiques d'intervention dans l'océan profond.

L'Autorité Internationale des Fonds marins commence à élaborer un système pour réglementer l'exploitation des sulfures polymétalliques. Avec la deuxième ZEE au monde et une excellente connaissance des systèmes hydrothermaux, la France est bien placée pour prétendre à une telle exploitation.