Les exopolysaccharides ou EPS

Les polysaccharides peuvent être définis comme de longues molécules formées de l’enchaînement de motifs similaires en l’occurrence de glucides appelés couramment sucres. Initialement dominé par les gommes d’origine végétale et algale, le marché s’ouvre également aux polysaccharides bactériens. En milieu marin, cette production semble être majoritairement le fait de souches appartenant aux genres Alteromonas, Pseudoaltéromonas, Shewanella et Vibrio. Chez les bactéries, ces polysaccharides sont présents au niveau de la paroi cellulaire, constituant essentiel des lipopolysaccharides (LPS), à l’extérieur de la cellule liée à cette même cellule (polysaccharide capsulaire) soit encore relargué dans le milieu de culture sous forme d’exopolysaccharides (EPS).

En termes d’exploitation biotechnologique, les exopolysaccharides bactériens présentent quelques atouts comme l’absence de dépendance vis à vis d’aléas climatiques, écologiques et politiques pouvant affecter la qualité, le coût et l’approvisionnement de leurs homologues extraits d’algues ou de plantes. De plus les possibilités d’agir sur les conditions de fermentation (sources de carbone, température, aération, pH, etc...) en vue d’optimiser la production, d’assurer la traçabilité, mais aussi de modifier le polymère produit, jouent en faveur de la fermentation bactérienne. Ces polymères présentent enfin un degré de régularité de structure plus important et peuvent être extraits et purifiés sans l’utilisation de conditions drastiques.

Dans l’optique de la mise en évidence de nouveaux micro-organismes producteurs, les environnements extrêmes et en particulier les conditions atypiques des sources marines hydrothermales profondes les présentent alors comme un champ d’investigation privilégié pour cette recherche de nouvelles espèces et de biomolécules aux propriétés originales.

A ce jour, le résultat le plus marquant du travail très partiel de criblage de la collection Ifremer et de caractérisation, reste sans nul doute la mise en évidence de structures polysaccharidiques complexes (linéaires et multi-ramifiées), la caractérisation de sucres originaux, la mise sur le marché d’un exopolysaccharide dans le domaine de la cosmétique, la mise en œuvre de nouvelles techniques de modifications de ces polymères et la découverte d’un polysaccharide présentant de fortes similitudes de structure avec l’acide hyaluronique. Ce dernier polysaccharide a démontré des propriétés très intéressantes en terme de régénération osseuse et dermique laissant entrevoir un développement rapide dans le domaine des biomatériaux.