Communications sous-marines

Ces immenses étendues qui séparent nos continents, sont le support de câbles et de pipes sous-marins qui relient les pays maritimes. Ainsi, bien avant l'arrivée des satellites, les signaux télégraphiques et téléphoniques ont emprunté les fonds sous-marins (et maintenant, vidéos et données informatiques s'y ajoutent) ; et le transport de liquide (pétrole, eau, ...) ou de gaz dans des tuyaux sous-marins est en développement.
Le choix de leur tracé constitue la clé de la réussite du projet. Et une fois posé, leur maintenance nécessite des interventions à toute profondeur. C'est ainsi qu'en 2004, Alcatel est intervenu à plus de 8800 mètres (record du monde) pour une réparation sur un câble trans-Pacifique à fibre optique.

Les câbles sous-marins

C'est avec le développement des communications par câbles télégraphiques que les profondeurs marines ont été au début explorées. En effet, il était rapidement apparu nécessaire, dans la première moitié du XIXè siècle, d'étendre aux liaisons transocéaniques, les liaisons télégraphiques par câble telles qu'elles existaient à travers les continents eux-mêmes.

La première liaison télégraphique entre 2 pays par un câble sous-marin est réalisée le 27 décembre 1851 entre Calais et Douvres. Peu après, les tentatives de pose de câbles par grands fonds débutent. Ainsi en 1858, les Anglais cherchent à relier l'Irlande à l'île de Terre-Neuve sur la côte Est du Canada. Le premier câble se brise dès la pose. Il devient évident qu’il faut connaître avec précision la profondeur tout au long du parcours, ainsi que la nature du relief sous-marin. De grandes campagnes de sondage sont donc réalisées à l'aide de fil d’acier (ou corde à piano) et de treuils hydrauliques. En 1860, des fonds de l’ordre de 5000m sont ainsi découverts en Atlantique Nord, ainsi que d’importants reliefs entre les deux continents européen et américain. Un câble est enfin posé avec succès en 1866 par le grand navire anglais, Great Eastern (navire sur lequel Jules Verne traversa l’Atlantique un an plus tard). C'est à cette époque que les opérations de relevage sont rodées : elles autorisent des interruptions dans la pose, mais surtout le maintenance des câbles.

Conséquence inattendue : ces relevages permettent en 1860 à Alphonse Milne Edward d'affirmer que la vie existe par grande profondeur. En effet, il identifie des espèces vivantes (des mollusques) parmi les spécimens recueillis sur un tronçon de câble immergé à près de 2000 mètres entre la Sardaigne et l'Algérie.

Il faudra attendre 1950, soit près de 100 ans, pour voir établir la première liaison téléphonique sous-marines entre Key West et La Havane. Le développement de ces liaisons n'a été rendue possible que grâce au progrès dans la mise au point des répéteurs. En effet, les signaux du téléphone, contrairement à ceux de télégraphie, s'affaiblissent très rapidement avec la distance. Il faut donc les amplifier régulièrement. Or les lampes électroniques utilisées jusque là n'avaient qu'une durée de vie très faible. Et bien entendu, le remplacement régulier de ces lampes n'est pas envisageable en mer.

Le premier câble transatlantique, TAT 1, d'une capacité de 48 circuits, est posé en 1956. Rapidement, toutes les mers se couvrent de câbles, de plus en plus longs, et de plus en plus puissants en terme de flux d'informations.

Les premiers répéteurs transistorisés apparaissent dans les années 1970. En 1986, le câble intercontinental Sea Me We-1 relie Marseille à Singapour avec 2500 circuits simultanés.

Nouveau progrès avec les câbles à fibres optiques. TAT 8, premier câble transatlantique de ce type, offre depuis décembre 1988 une capacité de 40 000 voies téléphoniques simultanées entre la France et l'Angleterre d'une part, les USA d'autre part.

Un temps concurrencé par les liaisons par satellites, les câbles sous-marins proposent désormais des débits et des tarifs très compétitifs.

Pour la période 1993 à 1997, on estime la pose des câbles sous-marins à 150 000 km par an. Depuis, le marché s'est restreint et s'est plutôt orienté sur la maintenance des équipements en place.

Les industriels sollicitent régulièrement les scientifiques à propos des câbles sous-marins :

  • protection contre les attaques de requins,
  • cachalots victimes de boucles inopinées,
  • prévisions et effets des avalanches sous-marines

Par ailleurs, les études de tracé font appel aux techniques les plus évoluées en matière de relevés bathymétriques à grande profondeur. L'Ifremer a été ainsi sollicité en 1991 pour le tracé de Sea Me We-2.

Depuis, Sea Me We-3, câble de 38 000 kms, relie l'Europe du Nord au sud-est asiatique et à l'Australie, via le Moyen-Orient. Il est un des plus longs et des plus puissants au monde. Non limité à la voix, il accueille internet et vidéos-conférences. Financé par 92 compagnies de télécommunications, il dessert 35 pays. Son coût d'installation a été estimé à 1,3 milliard de dollars.

Quel devenir pour les câbles anciens ?

Ils constituent en effet une gêne pour la maintenance des câbles plus récents et un danger pour la pêche. Mais ils peuvent aussi trouver une nouvelle vie. C'est ainsi que certains sont envisagés pour relier des observatoires immergés et transmettre en temps réel leurs données. Les premières utilisations concernent les observations sismiques (avec récupération des câbles transpacifiques américano-japonais TPC-1 et 2).

Les conduites sous-marines

On pense tout d'abord aux pipes qui courent entre les installations pétrolières offshore.

Mais il y a aussi des canalisations pour acheminer l'eau douce, le gaz, les pétrole entre pays ou entre îles et continents.

Par exemple, le Cnexo (devenu Ifremer) a été sollicité il y a 25 ans, pour reconnaître les points sensibles d'un gazoduc entre l'Algérie et l'Espagne.

Les îles dépendantes de la Guadeloupe (les Saintes, Marie-Galante, la Désirade) ne possèdent pas suffisamment de sources et doivent être alimentées par des conduites sous-marines.

Ces conduites peuvent être rigides ou flexibles, nécessiter ou non un ensouillage (des tranchées).