Présentation

Enjeux

La durabilité des activités maritimes et des sociétés littorales est fortement affectée par la mondialisation économique et l’accroissement rapide des pressions anthropiques sur les milieux naturels.

Les réponses en termes de politiques publiques se définissent aux échelles européennes (politique maritime intégrée, directive cadre stratégie pour le milieu marin et directive cadre sur l'eau, nouvelle politique commune de la pêche…), nationales (lois sur la responsabilité environnementale et l'évaluation d'impact…) et locales. Elles peuvent être sectorielles (loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, schémas des structures conchylicoles, développement de l'éolien en mer), viser à conserver la biodiversité des écosystèmes marins (réseau d'aires marines protégées…) ou encore faire l'objet de politiques intégrées (schémas de cohérence territoriales).

Les principaux enjeux pour l'unité sont l'analyse économique des pressions anthropiques, des réponses apportées par les politiques publiques, et l'évaluation de leurs impacts sur les écosystèmes marins et littoraux incluant en particulier la dynamique de leurs usages.

 Problématique

La demande croissante de ressources naturelles et d’espaces côtiers entraîne une augmentation de l’intensité et de la diversité des interactions entre activités humaines dans ces zones. Ces interactions génèrent des effets externes liés à la définition incomplète des conditions d’accès aux espaces, aux ressources naturelles et, plus largement, aux services rendus par les écosystèmes. Les conséquences au niveau collectif sont de trois ordres : (i) perte de bien-être et de richesses ; (ii) conflits entre usagers ; (iii) dégradation des écosystèmes côtiers, renforçant à terme l’acuité des problèmes (i) et (ii).

Les questions sur lesquelles portent les travaux de l’unité sont les suivantes :

  • Quels sont la trajectoire et les déterminants du développement des activités maritimes ?
  • Quels sont les institutions et les mécanismes de régulation qui permettraient d'assurer la durabilité des activités maritimes et des écosystèmes ?
  • Comment évaluer les différentes politiques publiques en fonction de leurs objectifs ?

L'unité s'intéresse plus particulièrement aux problèmes de gestion :

  • des ressources marines vivantes exploitées. La pêche professionnelle et récréative, et les cultures marines sont utilisées comme modèles de base. La recherche intègre l’étude des filières associées et de la demande ;
  • des écosystèmes marins et côtiers. L'analyse se décline des échelles locales (mer d'Iroise, Pertuis-Charentais, étang de Thau, projets de parcs éoliens) aux mers régionales. Elle vise à mieux intégrer les préoccupations multi-usages/multi-ressources et fait de plus en plus référence aux services écosystémiques.

Compétences

Fin 2013, l’unité est composée de 22 agents dont en 12 en CDI, 7 doctorants et 3 post-doctorants et CDD. L'unité accueille régulièrement des chercheurs étrangers et des stagiaires. L'équipe est composée de 9 chercheurs en sciences humaines et sociales (dont 3 HDR) spécialisés en économie des ressources et de l'environnement et impliqués dans des projets mobilisant des approches issues de l'économie industrielle/des filières, de l'économie institutionnelle et de l'économie écologique. L'équipe bénéficie également de l'appui de 2 ingénieurs ainsi que d’une assistante de direction. L'association en UMR avec l’Université de Bretagne Occidentale (UMR M-101 – AMURE « Aménagement des Usages des Ressources des Espaces marins et Littoraux ») renforce la capacité de l’Unité en économie et en droit. Le recrutement d’un modélisateur écologie-économie est en cours.

Actions conduites

Les actions de l'unité se développent dans quatre domaines complémentaires de travail qui intègrent à la fois des missions d'observation, d'expertise et de recherche :

  • l’acquisition le plus souvent à la source des connaissances empiriques nécessaires à la caractérisation des activités maritimes et littorales en relation avec les écosystèmes, et en tenant compte des interactions entre ces activités ;
  • l’analyse de la dynamique de ces activités en réponse aux évolutions du contexte  environnemental, économique et institutionnel dans lequel elles se développent ;
  • l'analyse des politiques de régulation des activités et de conservation de la biodiversité marine (droits d'accès, normes environnementales, mécanismes de  compensation, aires marines protégées...), leur évaluation notamment en termes d'approche coût-efficacité et coût-avantages ;
  • le développement d’approches intégrées pour l’évaluation de scénarios d’évolution des socio-écosystèmes marins.

La réalisation de ces actions suppose de mettre en œuvre des méthodes et outils spécifiques :

  • d'observation et de collecte d'information économique sur les activités. Ces collectes sont récurrentes, dépendantes et complémentaires des autres données collectées par les unités halieutiques dans le cadre du système d'informations halieutiques de l'Ifremer. Elles sont ponctuelles dans le domaine des cultures marines et des autres activités maritimes ;
  • de structuration de bases de données mobilisant différentes sources de données, de production d'indicateurs en particulier dans le cadre d'approches intégrées ;
  • d'analyse statistique et de modélisation économétrique pour l'étude de dynamiques économiques et sociales (comportements de production et consommation, investissement…) ;
  • de modélisation bio-économique et de modélisation systémique basée sur les couplages écosystèmes-ressources-usages-gouvernance ;
  • de contribution à des démarches participatives allant de l'implication d'observateurs bénévoles dans les réseaux de suivi, jusqu'à l'intégration d'acteurs dans les processus de délibération (élaboration de scénarios et d'options de politiques publiques).

Partenariats

Depuis janvier 2008, l’UEM fait partie intégrante de l’unité mixte de recherche M_101 AMURE - Centre de droit et d’économie de la mer, associant les équipes de l’Ifremer et de l’université de Brest en droit et économie de la mer. L'UMR est une composante de l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM), elle est rattachée à l'Ecole Doctorale des Sciences de la Mer et est laboratoire associé au Labex Mer.

A côté de travaux à caractère mono-disciplinaire, une large partie des recherches présente un caractère pluridisciplinaire intégrant des équipes en sciences de la nature et en sciences humaines et sociales. Les interactions sont fortes avec d’autres équipes de l'Ifremer (l'ensemble des unités halieutiques et en particulier STH, les laboratoires environnement-ressources et dynamique de l'environnement côtier) mais également avec des équipes universitaires, de l'IRD, du MNHN et du CNRS.

Les travaux sont le plus souvent conduits dans le cadre de projets de recherche européens ou nationaux. Plusieurs thèses en co- tutelle ou post-doctorats ont été réalisés avec des organismes étrangers. L'unité est également engagée dans des conventions d'observation et d'expertise en appui aux ministères de tutelle de l’Ifremer. Elle participe régulièrement à des expertises nationales ou internationales en particulier dans le cadre du comité scientifique technique et économique des pêcheries de la Commission européenne et du CIEM.

Atouts et spécificités

L'unité est une entité de recherche unique à l’Ifremer sur ses thématiques. Elle a une vocation nationale et européenne, ses travaux concernent la métropole et l’outre-mer. Une très bonne connaissance du terrain acquise grâce à ses missions d'observation et son insertion internationale constituent le socle de ses activités de recherche, et la placent en conditions très favorables pour mener des expertises de haut niveau. L'association dans l’UMR AMURE permet à l’unité d'atteindre une taille critique à l'échelle européenne et internationale dans son domaine de recherche.

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