Télédétection

La télédétection permet de suivre trois paramètres :

  • la température de surface
  • la chlorophylle
  • la turbidité de l’eau

La validation en continu des données des capteurs optiques par les mesures in-situ issues de prélèvements des réseaux REPHY/Ifremer et SOMLIT/INSU ou des bouées instrumentées de type MAREL (Mesures Automatisées en Réseau pour l'Environnement et le Littoral) est une des spécificités du laboratoire PELAGOS. Au-delà de la calibration d’algorithmes spécifiques appliqués aux données de la réflectance marine en eaux côtières et de la validation des résultats, cette activité a permis de mettre côte à côte des jeux de données aussi différents que ceux de la télédétection et ceux issus des réseaux conventionnels utilisés pour la surveillance de type DCE (Directive Cadre sur l'Eau - Gohin et al 2010). Les satellites MODIS et MERIS sont traités tous les jours, par le DYN/Pélagos associé au CERSAT/LOS, et leurs archives, ainsi que celles du satellite SeaWiFS, ont été retraitées avec des algorithmes mis à jour et calibrés sur un jeu de données commun afin de constituer des séries complètes quotidiennes suffisamment longues (depuis 1998), ainsi que des cartes des moyennes et des anomalies mensuelles qui mettent en évidence d'éventuels écarts en température, production primaire ou clarté de l'eau par rapport à la normale (Gohin 2010, ACL).

Il a ainsi été possible de fournir, pour dresser l’Etat Initial des côtes françaises dans le cadre de la DCSMM, un premier atlas de la température de surface et du réchauffement sur la période 1986-2009, de la chlorophylle-a et de la turbidité (Figure 10 ; wwz.ifremer.fr/dcsmm/documentation ; http://www.ocean-sci.net/7/705/2011/).

Ce travail s'inscrit dans le projet d'Océanographie Côtière Opérationnelle PREVIMER et les projets européens MarCoast, financé par l’Agence Spatiale Européenne, ECOOP et MyOcean (FP6 et FP7 de l’Union Européenne) ; ce dernier étant le grand projet associé au programme européen de surveillance GMES. En dehors des activités technique et opérationnelle en télédétection, de nouvelles recherches plus aval ont débuté, d’une part l’étude de la production primaire sur la Manche (avec l’Université de Caen) et d’autre part l’analyse de la variabilité de la clarté des eaux de surface de la Manche (projet européen CHARM3 et thèse cofinancée par le CETMEF). Ces recherches ont en particulier permis d’aboutir à des modèles statistiques de prévision de la clarté des eaux de surface de la Manche en fonction du coefficient de marée et de la hauteur des vagues (Rivier et al, 2011, ACL). La connaissance des matières en suspension (MES) en surface permet de mieux cerner les dates de démarrage des efflorescences du phytoplancton lorsque celles-ci sont limitées par la lumière. Ces résultats aident aussi à valider les modèles hydro-sédimentaires et à forcer la lumière dans les modèles bio-géochimiques et écologiques. Enfin ils permettent de quantifier sur le plateau continental l’effet cumulé des cisaillements sur le fond, produits par les courants des marées et les vagues, et de l’agitation par la turbulence sur les MES en surface.

Illustrations tirées de l'atlas (Chlorophylle a moyenne en avril et Turbidité en février sur la période 2003-2009)