Surveillance écologique du site du centre nucléaire de production d'électricité du Blayais

La centrale du Blayais est située dans la partie médiane de la rive droite de la Gironde, et ses 4 unités de la filière eau sous pression (REP) peuvent fournir environ 900 mégawatts chacune. Depuis le début des études, la responsabilité du suivi de l’environnement aquatique est partagée entre l’Ifremer, pour l'écologie, et le Cemagref, pour l’halieutique. L'Ifremer assure l’animation scientifique avec ses partenaires intervenant sur ce site, UMR CNRS 5805 EPOC - Université de Bordeaux 1 (Bordeaux et Arcachon), CNRS, Institut Pasteur de Lille - santé environnement durables (IPL Atlantique), pour mettre en application le programme de surveillance prévu par l’arrêté interministériel du 18 septembre 2003 (JORF du 26 septembre 2003). Ifremer assiste EDF dans ses démarches environnementales de développement durable.

Dans le cadre de la surveillance écologique du site du CNPE du Blayais, l’année 2010 est une année sèche, avec un débit moyen déficitaire (-61 m3.s-1) pour la Gironde par rapport à celui de la période 1982-2009 (839 m3.s-1). L’hydroclimat estuarien est à l’image de l’hiver rigoureux et de l’été chaud 2010 : la moyenne des températures de l'eau, marqué par un mois de janvier le plus froid depuis 1992, se situe dans la partie haute de la moyenne quinquennale pendant la période estivale 2010 (juillet - août). Les mini-crues de fin janvier à juin ont probablement été trop modérées pour éjecter totalement le bouchon vaseux, mais ont réduit la charge détritique solide en suspension permettant ainsi d'obtenir des eaux "claires" (à l'échelle spatiale de la Gironde) et une excellente oxygénation de ces eaux. A la faveur de l’étiage estival, et de la pénétration des eaux halines dans l’estuaire, le bouchon vaseux s’est reconstitué très en amont permettant ainsi aux rejets d’eaux échauffées de se diluer dans les eaux halines de l'aval. Les cycles saisonniers des espèces planctoniques restent stables avec confirmation de la bonne adaptation du crustacé planctonique Acartia tonsa (espèce polyhaline thermophile présente depuis une dizaine d’année en Gironde) à ce milieu estuarien. Les conditions hydroclimatiques de la Gironde en 2010 sont globalement favorables aux espèces adaptées aux influences océaniques.