Surveillance écologique du site du centre nucléaire de production d’électricité du Blayais (IGA)

Développé depuis 1975 par l’Ifremer pour surveiller les éventuels effets des Centres Nucléaires de Production d’Electricité (CNPE) sur le milieu marin et ses ressources vivantes, le programme Impact des Grands Aménagements énergétiques en bord de mer et en estuaire (IGA) se poursuit dans le cadre d’un marché à commandes d’exécution passé par EDF à Ifremer. Cinq sites marins sont étudiés (Gravelines, Penly, Paluel, Flamanville) et un site estuarien (Le Blayais).

La centrale du Blayais est située dans la partie médiane de la rive droite de la Gironde. Depuis le début des études, la responsabilité du suivi de l’environnement aquatique est partagée entre l’Ifremer, pour l'écologie, et le Cemagref, pour l’halieutique. L'Ifremer assure l’animation scientifiques avec ses partenaires intervenant sur ce site, UMR CNRS 5805 EPOC - Université de Bordeaux 1 (Bordeaux et Arcachon), Institut Pasteur de Lille - santé environnement durables (IPL Atlantique, ex-Institut Européen de l'Environnement de Bordeaux), pour mettre en application le programme de surveillance prévu par l’arrêté inter – ministériel du 18 septembre 2003 (JORF du 26 septembre 2003). Ifremer assiste EDF dans ses démarches environnementales de développement durable.

Dans le cadre de la surveillance écologique du site du CNPE du Blayais, l’année 2009 est une année sèche, avec un débit moyen déficitaire (- 79 m3.s-1) pour la Gironde par rapport à celui de la période 1982-2008 (841 m3.s-1). L’hydroclimat estuarien est à l’image de l’hiver rigoureux et de l’été chaud 2009 : la moyenne des températures de l'eau, marqué par un mois de janvier le plus froid depuis 1993, se situe dans la partie haute de la moyenne quinquennale pour la période estivale et automnale de l'étude 2009 (avril à novembre). Les crues printanières de janvier (maximum instantané de 6068 m3.s-1 le 26 janvier) et avril - mai n'ont pas suffi à éjecter totalement le bouchon vaseux, mais ont réduit la charge détritique solide en suspension permettant ainsi d'obtenir des eaux "claires" (à l'échelle spatiale de la Gironde) et très bien oxygénées. A la faveur de l’étiage estival, et de la pénétration des eaux halines dans l’estuaire, le bouchon vaseux s’est reconstitué très en amont autorisant ainsi les rejets d’eaux échauffées à se diluer dans les eaux halines de l'aval. Les cycles saisonniers des espèces planctoniques restent stables avec confirmation de la bonne adaptation d’un crustacé planctonique Acartia tonsa (espèce polyhaline thermophile présente depuis une dizaine d’année en Gironde) à ce milieu estuarien. Les conditions hydroclimatiques de la Gironde en 2009 sont globalement favorables aux espèces adaptées aux influences océaniques.