Fonctionnement et rôles écologiques des habitats benthiques

Cette action a pour objectif l'étude des fonctionnalités des habitats benthiques. Un effort particulier est porté sur les habitats à Haploops. Dans le but de comprendre le fonctionnement de ces habitats benthiques singuliers et pourtant méconnus, une thèse sur la diversité fonctionnelle des communautés à Haploops spp. au sein des peuplements de substrats meubles envasés de Bretagne Sud a débuté en novembre 2009.
L'objectif de cette étude est de comprendre quels sont les différents rôles fonctionnels que peuvent exercés les peuplements à Haploops au sein des écosystèmes qui les abritent. Il est également question de mettre en évidence les relations qui existent entre les peuplements à Haploops et les communautés benthiques qui les entourent. Préalablement, une étude sur l'écophysiologie de l'alimentation des Haploops a été menée de Janvier à Juin 2009 dans le cadre d'un stage de Master 2. Ce travail, qui constituait la première partie de ce projet a permis de mettre en évidence le role de filtre biologique important exercé par les Haploops à l'échelle de l'écosytème.

Les communautés à Haploops spp. constituent un habitat particulier au sein des communautés des sédiments meubles envasés de Bretagne Sud. L’extension de cet habitat structuré par cet amphipode tubicole suspensivore en baie de Concarneau (3 500 ha) et en baie de Vilaine (7 800 ha) et les densités constatées (plus de 5 000 ind.m-2) soulèvent la question du rôle fonctionnel joué par cet amphipode et en particulier son rôle de filtre biologique à l’échelle de l’écosystème. Aucune donnée n’existe quant à la filtration de cette espèce et cette étude a donc pour objectif, à travers une approche multidisciplinaire, de mieux comprendre l’écophysiologie de l’alimentation des Haploops et d’évaluer la pression de filtration d’H. nirae. Des colorations histologiques couplées à des clichés réalisés en microscopie électronique à balayage ont permis de mieux décrire l’organisation des structures permettant la capture des particules chez cet amphipode. La présence de soies secondaires insérées au niveau des soies principales permet la rétention avec une efficacité maximale des particules supérieures à 20 µm et distingue nettement le genre Haploops du genre proche Ampelisca. Le rôle du mucus a été mis en évidence pour la première fois dans la capture des particules chez les amphipodes. Des valeurs individuelles de filtration de 15,2 ± 2,8 mL.h-1 ont été estimées. Cette estimation est proche de la seule valeur connue de filtration chez l’amphipode Corophium volutator. Plusieurs expériences comportementales ont également permis de préciser l’influence de différents facteurs environnementaux sur le comportement de filtration des Haploops, mettant en évidence des relations non-linéaires positives avec la charge en matière inorganique et la concentration en matière organique, mais pas avec le courant. Une estimation de la pression de filtration à l’échelle de l’écosystème (ca. 200.106 m3 d-1) montre l’importance de cet habitat dans l’estimation de la capacité trophique du milieu.