Projet thématique : Flux de matières dissoutes et particulaires dans les écosystèmes côtiers (FLUX)

La dynamique d’un écosystème côtier et son évolution le long de trajectoires possibles sont contrôlées par son environnement, lui-même hétérogène et non-stationnaire. L’environnement est défini d’une part par les variables physiques et physico-chimiques décrivant l’hydrodynamique et l’hydrologie côtières (circulation, turbulence, vagues, salinité). Il inclut également le sédiment et les matières transportées, dissoutes, particulaires, organiques et inorganiques, à la fois motrices, catalyseurs et/ou inhibiteurs de la dynamique des écosystèmes.

A l’interface océan-continent, l’écosystème côtier et son environnement sont exposés à un certain nombre de pressions naturelles et anthropiques. La compréhension de la variabilité de l’environnement côtier, sous l’emprise de ces pressions et des conséquences actuelles et futures sur la qualité des écosystèmes, est une préoccupation constante de l’ensemble des acteurs, qu’ils soient scientifiques, gestionnaires ou décideurs. On peut rappeler ici la transcription de cette problématique i) au niveau international en lien avec le changement global/climatique, ii) au niveau européen avec la DCE et la DCSMM et leur déclinaison au niveau national, régional et local, en particulier au sein de systèmes côtiers sensibles, lieux de nombreux usages à forte valeur écosystémique comme les bassins conchylicoles ou les estuaires.

Le projet regroupe trois volets de recherche, traduits sous forme de questions :

  1. Quels sont les mécanismes de transfert et les processus biogéochimiques (matières dissoutes et particulaires, organiques et inorganiques) le long du continuum bassin versant/mer côtière et à l’interface colonne d’eau/sédiment?
  2. Quelle est la réponse de l’environnement côtier et estuarien aux pressions naturelles et anthropiques dans un contexte de changement climatique ? Vers une estimation des flux et d’un bilan de matières de l’estuaire au rebord du plateau et le long des côtes : flux bruts, nets et leur variabilité à différentes échelles.
  3. Relations pressions / écosystèmes : quelles conséquences sur l’état des écosystèmes, leur productivité et la qualité des eaux côtières et estuariennes aujourd’hui et aux horizons 2020/2050?

Le fil directeur du projet dessine clairement les échelles spatiales ciblées : du continuum bassin versant / mer côtière jusqu’à la quantification des flux à l’échelle des façades métropolitaines. De fait, les estuaires (Seine, Loire, Gironde, Rhône), baies (Seine, Brest, Pertuis charentais, Marseille) et lagunes (Arcachon, lagunes méditerranéennes et corses) constituent des sites d’étude clés depuis de nombreuses années à DYNECO, en association étroite avec des laboratoires universitaires régionaux. Les mers côtières (Mor Bras, Golfe du Lion, mer d’Iroise) et les façades constituent des régions de plus grandes emprises qui permettent d’évaluer les échanges entre le continent et l’océan mais également le long des façades.

Le projet vise à une meilleure compréhension de la variabilité de l’environnement côtier, tant pour les paramètres physiques qu’hydrologiques et biogéochimiques. Dans ce contexte, les résultats qui en découlent nourrissent automatiquement les deux autres projets thématiques, tant pour la caractérisation des habitats que l’étude de la dynamique des espèces en lien avec leur environnement.