Rebent Bretagne (dans le cadre du projet Surveillance des peuplements benthiques)

Le REseau de surveillance BENThique (Rebent), a été créé en réponse aux besoins de connaissance et de suivi de la biodiversité marine côtière pour évaluer l’impact de l’action humaine et contribuer aux mesures de gestion ou de protection des milieux naturels. Ses actions concernent différents niveaux :

  • Synthèses cartographiques à petite échelle favorisant la vision d’ensemble au niveau régional,
  • Cartographies détaillées à grande échelle sur une sélection de secteurs à fort enjeu de conservation,
  • Suivis stationnels renforcés sur une sélection pertinente d’habitats et/ou de biocénoses témoins.
  • Gestion et diffusion des données via le site Rebent et les outils Sextant, Quadrige² et bientôt Surval².

En Bretagne, région pilote, le Rebent associe différents laboratoires de l'Ifremer et des partenaires extérieurs. La coordination scientifique et technique est assurée par DYNECO/AG.

Les principaux résultats établis dans le cadre du REBENT Bretagne en 2010 concernent les actions suivantes.

Suivi stationnel de la biodiversité :

La dynamique mise en place pour l'acquisition des connaissances et de la production des bulletins de surveillance sur les biocénoses benthiques s’est poursuivie sur la sélection d'habitats retenus (sables fins intertidaux et subtidaux, herbiers de zostères, bancs de maërl, estrans rocheux et roches subtidales). Ces dernières actions sont assurées par les partenaires externes (LEMAR, LEBHAM, Station Biologique de Roscoff et MNHN de Concarneau). Parmi les résultats mis en évidence en 2010, on peut citer le cas du suivi stationnel de 2005 à 2009 des roches subtidales. Il a été montré une remontée d’environ 2 à 3 m de la limité inférieure des laminaires denses et clairsemées des ceintures algales de manière générale sur plusieurs sites (Triagoz, Squéouel, la Barrière, Gorle Vihan) et jusqu’à une dizaine de mètres (Ar Forc’h Vihan ), ce qui pourrait annoncer un début de dégradation. L’évolution observée sur les sites de Gorle Vihan et Ar Forc’h Vihan est à mettre en relation avec l’épisode de mortalité qui a touché les laminaires en 2008 (nécrose des frondes et stipes de Laminaria hyperborea, figure ci-contre). Les relevés qui suivront pourront montrer la capacité du site à retrouver son état d’origine.

Suivi de la dynamique des fucales :

Il s’agit d’estimer le taux de couverture en fucales et la dynamique spatiotemporelle depuis 1986 de cet habitat des zones intertidales rocheuses.

De manière générale, sur le littoral Breton, il apparaît que les fucales ont globalement régressé durant ces trente dernières années. La cause globale sur l’ensemble de la façade nord est Atlantique semble être des hivers généralement plus chauds qui favorisent le développement des patelles et des algues vertes opportunistes et qui constituent, pour les premières un prédateur redoutable et pour les secondes, un compétiteur pour l’espace de colonisation et la disponibilité des nutriments vis-à-vis des fucales (dans une moindre mesure concernant le nord est de l’Atlantique). Les conditions hivernales sont dépendantes de l’Oscillation Nord Atlantique, ce qui rend le phénomène de régression réversible comme durant la période de 2004 à 2007. Néanmoins, les aires de recouvrement des fucales restent bien en deçà de celles calculées à partir des premières images SPOT disponibles. De plus, à des échelles locales, la combinaison de plusieurs facteurs défavorables à la recolonisation des fucales amène à des régressions beaucoup plus drastiques que celles évaluées à l’échelle des masses d’eau. A cela s’ajoute le changement global qui pourrait augmenter l’effet « hiver chaud » induit par l’Oscillation Nord Atlantique. Il est donc important de poursuivre l’étude de l’évolution des fucales à l’échelle de la Bretagne. Un complément d’étude à l’échelle locale pourrait permettre une évaluation plus précise de la contribution du facteur global NAO par rapport à la contribution de perturbations locales.

Il a été conclu que :

  • une régression importante des fucales est notée entre la fin des années 80 et le début des années 2000 au nord comme au sud de la Bretagne,
  • un regain de la couverture en fucales est observé durant la période comprise entre 2004 et 2007,
  • l’évolution temporelle de la ceinture des fucales étant similaire au nord et au sud Bretagne, dans des zones différemment influencées par les activités anthropiques, il en ressort qu’un phénomène global semble engendrer cette évolution.

Cartographie détaillée des secteurs de référence :

La cartographie sectorielle s’est pour suivie en 2010 par de nouvelles campagnes d’acquisition en zone intertidale de données terrain sur les secteurs des Abers et de la Baie de Morlaix.

En zone subtidale, de nouveaux levés et une mission d’acquisition de vues sous-marines on été conduits en baie de Morlaix. A noter l’amélioration des équipements concernant la refonte des capteurs sonar et de leur positionnement ainsi que l’acquisition d’un petit ROV pour compléter le niveau d’observation des habitats en milieu côtier (voir section Dyneco/EB).

Concernant le suivi des habitats remarquables, l’étude initialisée en appui du programme de surveillance DCE afin de cartographier par méthodes acoustiques les bancs de maërl distribués dans 9 masses d’eaux autour de la Bretagne a été finalisée. Les résultats de cette étude ont montré que des travaux préalables avaient largement surestimé l’importance du maërl. C’est essentiellement le cas du secteur de Saint-Malo/Les Pointus où ont été cartographiées des zones de maërl relativement étendues. Cette étude a également permis de lever des doutes sur certains secteurs où il s’avère que la proportion de maërl est extrêmement faible et que le maërl vivant semble limité à des brins épars. Il apparaît par ailleurs que le maërl n’offre pas la même qualité au sein d’un même site et, plus généralement, entre les sites. Morlaix/Guerheon et Callot, Brest/Rozegat et Trévignon/Les Soldats sont de ce point de vue les secteurs où le maërl offre le plus bel aspect, ce qui traduit une bonne vitalité.

Bancarisation et valorisation

Concernant la bancarisation des données, la formation des partenaires du réseau Rebent à l’utilisation du nouveau système Quadrige² a été achevée et les premières intégrations de données dans la base ont été initialisées. Les données cartographiques sont progressivement intégrées dans le serveur SEXTANT de l’Ifremer avec les métadonnées associées. DYNECO/AG continue, par ailleurs, à assurer l'édition et la diffusion des résultats. Le site Web REBENT a été enrichi tant au niveau cartographique que documentaire avec un total de 54 cartes interactives (http://www.rebent.org/).