Simulation de l'effet sur l’eutrophisation côtière bretonne de 3 scénarios de réduction des teneurs en nitrate et phosphate de chaque bassin versant breton et de la Loire

Le littoral breton est soumis depuis quelques décennies à d'importants apports en nutriments (azote, phosphore,...) par ses différents bassins versants. Ces apports enrichissent les eaux côtières et provoquent chaque année des proliférations algales de deux sortes:
1) des marées vertes d'ulves très côtières apparaissant vers le mois d'avril et perdurant jusqu'à la fin de l'automne, principalement dans des baies qui proposent des conditions environnementales et géographiques favorables à leur croissance à savoir des baies peu profondes, confinées et/ou à faible dérive résiduelle vers le large et alimentées par des apports terrigènes d'azote.
2) des proliférations phytoplanctoniques d'espèces diverses (diatomées, dinoflagellés) dont certaines peuvent être toxiques.
Revenir aux rejets des rivières d'il y a un siècle n'est pas envisageable. Néanmoins, la réduction des apports en nitrate (et/ou phosphate) peut avoir, au delà d'un certain seuil, un impact non négligeable sur les proliférations algales.
Cette étude se propose donc de déterminer par la modélisation (modèle hydrodynamique/biologique ECOMARS-3D) le bassin récepteur marin de la plupart des bassins versants bretons et, pour chacun de ces bassins récepteurs, de calculer l'effet de différents scénarios de réduction des apports en azote et de phosphore sur les biomasses de phytoplancton (diatomées, dinoflagellés,...) et sur la biomasse des ulves pour les sites sensibles.

Cette étude, subventionnée par la région Bretagne et l'Agence de l'Eau Loire Bretagne, avait pour but de déterminer par la modélisation mathématique les aires d'influence marine de la plupart des bassins versants bretons et l'effet de scénarios d'abattement des apports en nitrate de chaque bassin versant sur la biomasse en phytoplancton et sur les marées vertes. Le modèle mathématique ECOMARS3D a été appliqué à une emprise contenant la Bretagne (qui sert en mode opérationnel à fournir les prévisions quotidiennes sur le site internet http://www.previmer.org/previsions/production_primaire/modele_eco_mars3d_bretagne) et à 6 zooms permettant de représenter plus finement les eaux côtières. L'étude a mis en évidence:

  • un très faible effet d'une diminution des apports en nitrate sur les diatomées.
  • un effet plus sensible sur les dinoflagellés mais seulement à partir d'une diminution d'au moins 75 % des apports en nitrate.
  • une très forte influence du panache de la Loire sur toute la Bretagne sud et ouest, pouvant entrer légèrement en Manche lors des crues.
  • le peu d'effet d'une diminution des apports en nitrate et phosphate de la Vilaine sur le phytoplancton si elle n'est pas couplée avec une réduction des apports de la Loire.
  • la responsabilité de certaines rivières dans l'établissement de marées vertes. C'est le cas du Yar dont les apports azotés provoquent la marée verte sur la plage de Saint-Efflam ; c'est également le cas du Douron, responsable de celle du fond de Baie de Locquirec. Au contraire, certaines marées vertes comme celles de la Baie de Saint-Brieuc ou du Moulin Blanc en rade de Brest ne peuvent pas être imputées à une seule rivière.