Recherche des zones de moindres contraintes pour l'exploitation des granulats marins sur deux secteurs métropolitains : Loire-Gironde et Manche-Est - Phase 3

Cette action s'inscrit dans le cadre d'un contrat pluriannuel passé entre l'Ifremer et le MEEDDAT pour la recherche de futures zones d'exploitation des granulats marins. Les travaux se sont déroulés en trois phases : - 2005-2006 : une étude sédimentologique comprenant un inventaire des stocks de granulats disponibles et des activités d'exploitation (action DRO-GM), - 2006-2007 : une étude halieutique avec un inventaire par zones des activités (métiers, flottilles) et des espèces commercialisées (action DRV-RH Boulogne), - 2007-2008 : une étude de l'environnement benthique sur les deux zones, concernant les peuplements faunistiques et les flux sédimentaires en Manche-Est (action DYNECO-EB)

L'année 2008 a été celle de la fin des études et de la remise des rapports relatifs aux deux domaines de l'environnement cités :

  1. La modélisation des flux sédimentaires à long terme s'appuie sur les travaux de thèse d'Olivier Blanpain (co-encadrée par l'Ifremer et l'IRSN) sur la modélisation du transport sédimentaire en Manche-Est, utilisant le modèle hydrodynamique MARS2D développé à l'Ifremer, et dont les paramètres ont été validés in-situ. Ce modèle de 4x4 km s'emboîte aux limites (Atlantique et mer du Nord) dans un modèle de plus grande emprise. Il s'appuie sur la carte des sédiments superficiels de la Manche, de Vaslet et al. (1978). Quatre classes granulométriques sont prises en compte (sables fins, sables moyens à grossiers, graviers, galets), pour un flux résiduel (charriage + suspension) dû à la marée, avec et sans houle. Les résultats montrent que pour une distribution homogène de chaque classe sédimentaire, le transport potentiel se dirige vers l'Est, et se situe là où le frottement au fond est maximum, c'est à dire au centre de la Manche, devant le Pays de Caux et dans le Pas de Calais pour les 2 granulométries les plus fines ; au nord du Cotentin pour les graviers, mais aucune zone pour les galets. Dans le Pas de Calais, une zone de convergence est mise en évidence avec un flux venant du Nord. Si l'on tient compte de la composition réelle des sédiments qui se présentent généralement en mélange, leur mise en mouvement est cette fois différente. Les résultats montrent alors que les flux potentiels se situent non pas là où les frottements sont maxima mais là où les matériaux les plus fins sont les plus disponibles ; en effet les particules grossières agissent comme des boucliers et limitent la remobilisation des particules sous-jacentes. Si la direction des flux résiduels reste identique, il apparaît, outre la zone au nord du Cotentin déjà mentionnée, une zone de forts transports des sables au sud de l'Angleterre, ainsi que la confirmation d'une forte convergence, décrite précédemment, à l'entrée du Pas de Calais. L'intensité des flux est renforcée si l'on tient compte de la houle, quelle que soit la classe granulométrique et l'on observe un intense flux de graviers et galets à l'est de l'île de Wight et de galets devant le Pays de Caux qui n'apparaît pas quand la houle n'est pas prise en compte.
  2. L'analyse des peuplements benthiques a été l'occasion de réaliser une première cartographie synthétique sur les deux façades, à partir de documents historiques datant pour l'essentiel des années 70, période des grandes campagnes d'inventaires. Pour cette synthèse, ces documents ont été scannés, géoréférencés (WGS84) et assemblés sous Arcgis. Pour chaque façade des cartes synthétiques ont donc été produites. Les unités de peuplements ont été requalifiées et homogénéisées en utilisant le référentiel européen EUNIS. Les superficies de chaque peuplement sont calculées, permettant la comparaison entre les deux façades, et une description biosédimentaire de chaque entité est faite en mentionnant, à chaque fois que la donnée existe, une valeur de la richesse spécifique et de la biomasse. Des fiches descriptives des principales espèces sont annexées au rapport. Cette analyse s'est faite en concertation avec les halieutes travaillant sur les espèces cultivées.

Les informations issues des différentes thématiques relevant de l'ensemble de cette action, ainsi que toutes les données utiles (bathymétrie, occupations et activités diverses du domaine marin, etc), sont désormais incorporées à un Système d'Information Géographique (SIG) géré dans la base Sextant de l'Ifremer et accessible aux personnels autorisés du Ministère. Les cartes produites peuvent ainsi être superposées et faciliter la mise en évidence de zones de moindres contraintes pour l'exploitation des granulats marins.