Surveillance écologique du site du centre nucléaire de production d'électricité du Blayais

Conçu et animé depuis 1975 par l’Ifremer pour surveiller les éventuels effets des Centres Nucléaires de Production d’Electricité (CNPE) sur le milieu marin et ses ressources vivantes, le programme Impact des Grands Aménagements énergétiques en bord de mer et en estuaire (IGA) se poursuit dans le cadre d’un marché à commandes d’exécution passé par EDF à Ifremer. Cinq sites marins sont étudiés (Gravelines, Penly, Paluel, Flamanville) et un site estuarien (Le Blayais).

La centrale du Blayais est située dans la partie médiane de la rive droite de la Gironde. Depuis le début des études, la responsabilité du suivi de l’environnement aquatique est partagée entre l’Ifremer, pour l'écologie, et le Cemagref, pour l’halieutique. L'Ifremer assure l’animation scientifique avec ses partenaires intervenant sur ce site (UMR 5805 CNRS – Université de Bordeaux 1 à Bordeaux et Arcachon, Institut Européen de l'Environnement de Bordeaux), pour mettre en application le programme de surveillance prévu par l’arrêté inter-ministériel du 18 septembre 2003 (JORF du 26 septembre 2003). Ifremer assiste EDF pour répondre aux questions posées par l’Administration, ou lors de manifestations comme les journées du développement durable qui se sont tenues à St Ciers sur Gironde du 4 au 6 avril 2007. Dans le cadre de la surveillance écologique du site du CNPE du Blayais, l’année 2008 est une année sèche, malgré un débit moyen excédentaire (+ 20 m3.s-1) pour la Gironde par rapport à celui de la période 1982-2007 (840 m3.s-1). La moyenne des températures de l'eau, supérieure à celle des dernières années en mai pour la période étudiée (mai à novembre) a été inférieure en juin en raison de crues printanières tardives.

Ces crues ont été favorables au bon refroidissement des circuits d'eau échauffée. Par contre, l’engraissement local du banc de Patiras pourrait devenir préoccupant, en entravant un bon écoulement au niveau des têtes de rejets. Au niveau global estuarien, le lessivage du bouchon vaseux par les crues printanières de 2008 (maximum instantané de 4298 m3.s-1 le 22 avril) et de juin a permis l'éjection du bouchon vaseux. Cependant, l'étiage estival a provoqué sa remontée très en amont du bec d’Ambès ; l'intrusion haline associée et une bonne oxygénation de l’estuaire a favorisé le développement des espèces inféodées à ces conditions hydroclimatiques. La surveillance de la faune benthique, initiée en 2004, montre une remontée des abondances à un niveau intermédiaire située entre les maxima de 2004-2005 et les minima de 2006-2007.