Campagne benthique Flamanville

En réponse à une sollicitation d'EDF, l'IFREMER (DYNECO/EB) s'est engagé contractuellement à décrire l'environnement bio-morphosédimentaire de deux zones potentielles de clapage de sédiments issus du dragage du canal d'amenée de la centrale thermo-nucléaire de Flamanville et plus généralement à actualiser et compléter la cartographie des fonds marins entreprise il y a près de 25 ans dans ce secteur.

Dans le cadre du Marché DER7-001, établi pour une durée de 24 mois à partir du 1er juin 2007, EDF a confié à l’IFREMER, la réalisation de prestations benthiques au large de Flamanville :

  • un état initial des possibles zones de clapage permettant le choix définitif de la zone,
  • la mise à jour des données benthiques au droit du cap de Flamanville, en comparaison de celles acquises 25 ans auparavant.

Afin de répondre à ces objectifs, deux missions à la mer ont été réalisées en juin 2007 (acoustique sous-marine, prélèvements biologiques et sédimentaires) et octobre de la même année (observations vidéos).

Les travaux réalisés en 2008 ont consisté :

  1. à restituer les résultats relatifs à l'étude des deux zones de clapage (note BPO du contrat),
  2. à analyser les diverses données acquises sur l'emprise générale du secteur étudié (40 km² environ) : données bathymétriques, géologiques, sédimentologiques et biologiques. Les résultats de ces travaux (note BPE du contrat) seront produits au printemps 2009.

La note préliminaire BPO, produite en début d'année 2008, a donc permis de restituer les résultats morpho-sédimentaires et biologiques acquis sur les deux zones de clapage pressenties. Celles-ci d’une superficie d’environ 1 km² chacune, se situent au droit du cap de Flamanville par une profondeur de 20 à 22 m. Elles sont incluses dans le secteur d’étude plus vaste qui s’étend depuis le port de Dielette au nord jusqu’à l’anse de Sciotot au sud. Les fonds de ce secteur sont de nature grossière, composés d’une semelle de sédiments caillouto-graveleux, peu mobiles, sur laquelle affleurent fréquemment les roches. L’épifaune sessile y est particulièrement développée.

La nature des fonds sur les deux zones est sensiblement identique (graviers litho-bioclastiques à bio-lithoclastiques caillouteux ou coquilliers), mais la distribution des types de substrats est plus complexe sur la zone nord, en raison de la proximité des reliefs rocheux.

Les peuplements benthiques des deux zones étudiées se réfèrent à deux types d’habitats, celui des fonds rocheux, prépondérant dans la zone nord, avec une forte dominance de l’épifaune sessile, et celui des fonds hétérogènes caillouto-graveleux prépondérant dans la zone sud. L’épifaune sessile y est également bien représentée et l’endofaune, dominée par les annélides polychètes et les mollusques, est d’autant plus diversifiée et abondante que le sédiment est hétérogène.

Les espèces de mégafaune vagile, distribuées aussi bien sur les fonds rocheux que caillouteux, sont relativement peu nombreuses et leurs densités paraissent faibles.

La composante algale semble limitée à de petites rhodophycées rencontrées essentiellement sur les fonds de cailloutis.