Séminaire Dyneco de Gabriel Metegnier (en thèse au laboratoire Dyneco Pelagos) le Mardi 14 novembre à 14 h dans la salle de réunion DYNECO

Les espèces microbiennes sont un groupe important d’organismes vivants, tant en terme de biomasse, de diversité et de rôle écologique (notamment via leur impact sur les cycles nutritifs). Cependant, leur cycle de vie ainsi que leur taille rendent leur suivi difficile et les études visant à comprendre leurs dynamiques physiologiques in situ peu nombreuses. Ceci est vrai pour les dinoflagellés, dont l’environnement extrêmement dynamique, la taille microscopique, la non séssilité et les caractéristiques physiologiques et génomiques rendent l’étude complexe. Alexandrium minutum est un dinoflagellé responsable d’efflorescences toxiques dans les eaux tempérées, et notamment dans la Rade de Brest. Ces efflorescences toxiques conduisent régulièrement à la mise en place de mesures visant à protéger la population de problèmes sanitaires. Bien que ces phénomènes soient récurrents et d’importance croissante, les différents états cellulaires par lesquels passent les millions d’individus qui les composent sont peu connus. Pourtant, afin d’avoir une vision intégrée de la dynamique d’une efflorescence, il est nécessaire d’adresser les questions suivantes : quelle est la dynamique physiologique des cellules d’une efflorescence à A. minutum ? Existe t’il une chronologie intra-annuelle et/ou une récurrence inter-annuelle de l’expression des gènes d’A. minutum ? Enfin, quelles sont les conditions environnementales influençant la dynamique d’une efflorescence à travers la physiologie des cellules la composant ? Grâce à une méthode de transcriptomique in situ, nous avons été en mesure d’étudier ces différentes questions lors d’un suivi sur trois ans d’une efflorescence à A. minutum de la Rade de Brest. Cette étude nous a permis de découvrir plusieurs groupes de gènes dynamiquement co-exprimés au cours des différentes efflorescences échantillonnées, chacun codant pour des fonctions particulières et spécifiques à certains environnements. Par exemple, les gènes impliqués dans les processus liés à la division cellulaire sont plus exprimés dans des environnements marins (forte salinité, pauvres en nutriment) et à la fin des périodes d’efflorescence, ce qui suggère une hausse de l’activité cellulaire avant un enkystement. Au contraire, dans des environnements plutôt froids, riches en nitrate et à salinité modérée, les cellules d’A. minutum expriment des gènes codant pour des protéines jouant un rôle dans des processus de gestion globale des fonctionnements cellulaires. Cette étude donne accès à un aspect nouveau et intégré de la biologie et de la physiologie d’A. minutum dans son environnement naturel.