Avis et expertises

 Mars 2006 - Cartographie post tsunami de la mer d'Andamam (Thaïlande) à l'aide de la vidéo remorquée (système PRISME léger) 

Deux missions dans le cadre du projet CHARM (Coastal Habitats and Resources Management Project) ont eu lieu au Phuket Marine Biology Center (PMBC, Phuket, Thaïlande), la première du 12 au 17 décembre 2005 et la seconde du 30 janvier au 15 février 2006.

La première avait pour objectif de monter un programme de coopération dans le domaine de la cartographie des fonds marins endommagés (coraux notamment) par le tsunami du 26 décembre 2004, en mer d’Andaman (Thaïlande). Elle faisait suite à la mission de deux chercheurs thaïlandais du PMBC au Centre Ifremer de Méditerranée à Toulon, du 6 au 10 juin 2005.

 

Localisation de la presqu'île de Phuket sur la côte occidentale de la Thaïlande (Mer d'Andaman)

Ce projet répond aux priorités formulées par le Royal Thai Government, concernant notamment une demande d’assistance dans le domaine des programmes de réhabilitation post-tsunami, et concernant plus particulièrement – dans cette coopération Ifremer – PMBC – l’évaluation des dommages occasionnés aux communautés marines.

Trois constats ont été effectués lors de cette première mission :

  1. la cartographie fine pour évaluer les effets du tsunami sur les biocénoses marines, coralligènes en particulier, représente un travail très important, tant les effets du tsunami sur ces biocénoses ont été dévastateurs. Des acquis (très nombreuses plongées individuelles réalisées sous l’instigation du PMBC) ont déjà été obtenus sur l’ensemble de la mer d’Andaman (Thaïlande).
  2. les possibilités de coopération dans le domaine de la vidéo sous marine, et notamment le transfert de compétences concernant les techniques de cartographie (« de la vidéo au SIG ») sont particulièrement intéressantes, tant au niveau de la technique sensu stricto que de ses applicatifs (élaboration sur S.I.G.).
  3. l’Ifremer était particulièrement intéressé pour adapter et transférer les techniques d’observation des biocénoses sous-marines par système de caméra vidéo tractée, sur des récifs coralligènes absents en Méditerranée et sur des fonds particuliers (irréguliers), nécessitant l’adaptation d’un outil de vidéo particulièrement léger et maniable. Ce nouveau prototype, « ultra léger » pour permettre son transport en avion, a été baptisé L.O.T.U.S. (Light Operational Towed Uniformised System). A cette occasion, un prototype de la nouvelle caméra a été testé.

Le programme proposé pour février 2006 à l’Ambassade de France à Bangkok a été ciblé sur l’utilisation du système comprenant : la vidéo remorquée « ultra-légère » avec son bâti, l’utilisation d’un logiciel adapté permettant de réaliser des cartes précises des fonds marins (Videonav ou Adelie), la mise en commun des moyens (humains, navire océanographique, moyens informatiques).

La deuxième mission a eu lieu première quinzaine de février 2006. Elle a permis de cartographier une vingtaine de kilomètres de biocénoses coralligènes et d’herbiers.

 

Les systèmes caméra utilisés ont été :

  • 1 caméra Clio (couleur mono CCD type xC555 Sony) grand angle sur châssis inox avec 15 mètres de câble (Falmat Xtrem green), boîtier Dynasub d’alimentation et liaisons vidéo,
  • 1 caméra crayon optovision ultralégère avec 50 m de câble, montée sur châssis aluminium léger.

Les autres équipements du laboratoire étaient :

  • 1 microordinateur (équipé videonav)un magnétoscope (Sony DSR 20P)
  • 1 convertisseur électrique
  • 1 enregistreur numérique Archos RV 700
  • 1 sondeur Plastimo Navman

 

Coraux endommagés - Source de l'image : Phuket Marine Biology Center - Thaïlande

Plusieurs transects, totalisant une vingtaine de kilomètres, ont été effectués entre le sud de Pluket et l’île de Phi-Phi, sur des herbiers de Cymodocées (serrulata) et des algues photophiles en limite de l’herbier, et sur des récifs coralliens très hétérogènes en relief et très riches en nombre d’espèces.

Le géoréférencement et la bathymétrie ont été effectués en temps réel, et le rejeu des images a permis avec un léger différé d’obtenir une représentation cartographique (S.I.G.). Sur les substrats meubles, de nouvelles zones de présence de plantes aquatiques ont pu être précisément cartographiées (la cartographie exhaustive de l’herbier devant le Centre de recherche du PMBC n’avait jamais été réalisée auparavant).

Sur les récifs coralliens, le relief sous-marin très diversifié a été un obstacle pour la stabilité des profils vidéo à réaliser. Des prises de vues paysagères (caméra positionnée à 50° du plan horizontal) ont également été effectuées. La caméra opto-vision remorquée a aussi pu permettre de visualiser rapidement les secteurs impactés par le tsunami : l’ensablement a pu être facilement mesuré, ainsi que la présence de coraux retournés, cassés ou morts.

Une présentation de ces résultats a été effectuée par les deux missionnaires, en présence du responsable du projet CHARM et du directeur du Phuket Marine Biology Center.

Une collaboration future est attendue dans ce domaine.

Contact : Roger.Kantin@ifremer.fr